Ouvre la porte.
La cuisine est bien rangée.
La fenêtre laisse entrer le soleil derrière le petit rideau de dentelle.
Aurélie est assise sur un tabouret, un livre de cuisine ouvert sur ses genoux.
Un homard vivant, les deux pinces coincées par un élastique, la regarde de travers pour tenter de la charmer.
Ouvre la porte.
La cuisine est embuée.
On ne voit plus le soleil pénétrer dans la pièce.
Une grosse marmite pleine d'eau fume sur la plaque électrique.
Penchée au dessus d'elle, Aurélie tient le homard d'une main, et son livre de l'autre.
Ouvre la porte.
La cuisine est pleine d'eau.
La marmite s'est renversée, le homard est sur le sol et donne de furieux coups de queue.
Le livre d'Aurélie est trempé et elle est debout sur le tabouret en train de regarder le homard.
Ouvre la porte.
La cuisine est sens dessus/dessous.
Le livre est à la poubelle.
Par la fenêtre, Aurélie a jeté le homard dans la rue.
Sur la plaque de cuisson, on peut voir une poêle avec deux oeufs et une petite casserole de pâtes. Aurélie pleure sur son tabouret, en buvant un verre de vin blanc.
On sonne à la porte.
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samedi 7 avril 2018
lundi 26 mars 2018
Je n'étais pas là, mais je m'en souviens
Mon aïeul s'appelle Paul. Paul Cadet.
Il vit une enfance misérable sur une île méditerranéenne et quand sa famille fuit la famine, il est plutôt heureux.
Cet exil les amène bien loin de la Méditerranée. Erreur de GPS sans doute, ils débarquent après de longs mois sur une autre île: La Réunion.
Là, Paul s'épanouit dans les forêts tropicales et apprend à lire grâce à la patronne de son père. Il est curieux, avide de savoir et s'intéresse à tout.
Le jeune homme devient instituteur sur les rives de l'océan. Puis maire d'un minuscule village qui vit de pêche et de chasse, qu'on appellera Saint Paul pour honorer la mémoire de cet homme bon qui a sauvé beaucoup de jeunes de l'illettrisme.
Il fonde une famille avec une habitante du hameau voisin, une mulâtre qui lui donnera de beaux enfants créoles. Une des filles, très belle, est remarquée à Paris où son père l'envoie pour y devenir une femme du monde. Elle s'appelle Joséphine, fréquente la cour et se fait aimer de Monsieur de Bonaparte.
Une autre de ses filles, Honorine, épouse en grandes noces un commandant de la marine qui l'abandonnera avec ses enfants dans l'île qu'a fui ses grand-parents. Retour aux sources. Elle s'en échappera à nouveau et arrivera en Algérie, dans les rues de Maison-carrée, où ma mère est née deux ou trois générations plus tard, avec une peau couleur de miel, des cheveux crépus et un nez épaté.
Il vit une enfance misérable sur une île méditerranéenne et quand sa famille fuit la famine, il est plutôt heureux.
Cet exil les amène bien loin de la Méditerranée. Erreur de GPS sans doute, ils débarquent après de longs mois sur une autre île: La Réunion.
Là, Paul s'épanouit dans les forêts tropicales et apprend à lire grâce à la patronne de son père. Il est curieux, avide de savoir et s'intéresse à tout.
Le jeune homme devient instituteur sur les rives de l'océan. Puis maire d'un minuscule village qui vit de pêche et de chasse, qu'on appellera Saint Paul pour honorer la mémoire de cet homme bon qui a sauvé beaucoup de jeunes de l'illettrisme.
Il fonde une famille avec une habitante du hameau voisin, une mulâtre qui lui donnera de beaux enfants créoles. Une des filles, très belle, est remarquée à Paris où son père l'envoie pour y devenir une femme du monde. Elle s'appelle Joséphine, fréquente la cour et se fait aimer de Monsieur de Bonaparte.
Une autre de ses filles, Honorine, épouse en grandes noces un commandant de la marine qui l'abandonnera avec ses enfants dans l'île qu'a fui ses grand-parents. Retour aux sources. Elle s'en échappera à nouveau et arrivera en Algérie, dans les rues de Maison-carrée, où ma mère est née deux ou trois générations plus tard, avec une peau couleur de miel, des cheveux crépus et un nez épaté.
Abécédaire des amoureux
A comme André
Des regards soutenus à travers la table familiale de la communion, trop large pour que leurs pieds se frôlent. Pedro tombe amoureux de ces regards.
B comme Baptiste
Ils se rencontrent aux beaux arts où ils sont étudiants tous les deux. Première fois pour l'un et l'autre, mais Pedro n'est pas accro. Il veut juste faire l'expérience.
C comme Caroline
Elle est galleriste, il est artiste peintre. Après le vernissage de sa première expo, ils finissent autour d'un verre et sous la couette. Ils eurent beaucoup d'enfants et se marièrent.
D comme Denis
Un vieux copain revu à la soirée des anciens du lycée Prévert. Aventure d'un soir, dans les toilettes un peu crades du lycée pour s'assurer qu'il aime sa femme.
E comme Elise
Une copine de sa fille. Elle a quinze ans, belle à croquer et lui fait du charme. Il ne résiste pas. Il aime surtout ses petits seins bien fermes. Sa fille les surprend: c'est le drame: divorce, garde alternée, pension alimentaire, etc, etc...
F comme François
Rencontré par hasard sur internet, pour être sûr que finalement, il est bien homo.
Pédro, la cinquantaine branchée et fringante est amoureux de François, l'adolescent qui vit encore chez Maman. C'est compliqué et frustrant.
Des regards soutenus à travers la table familiale de la communion, trop large pour que leurs pieds se frôlent. Pedro tombe amoureux de ces regards.
B comme Baptiste
Ils se rencontrent aux beaux arts où ils sont étudiants tous les deux. Première fois pour l'un et l'autre, mais Pedro n'est pas accro. Il veut juste faire l'expérience.
C comme Caroline
Elle est galleriste, il est artiste peintre. Après le vernissage de sa première expo, ils finissent autour d'un verre et sous la couette. Ils eurent beaucoup d'enfants et se marièrent.
D comme Denis
Un vieux copain revu à la soirée des anciens du lycée Prévert. Aventure d'un soir, dans les toilettes un peu crades du lycée pour s'assurer qu'il aime sa femme.
E comme Elise
Une copine de sa fille. Elle a quinze ans, belle à croquer et lui fait du charme. Il ne résiste pas. Il aime surtout ses petits seins bien fermes. Sa fille les surprend: c'est le drame: divorce, garde alternée, pension alimentaire, etc, etc...
F comme François
Rencontré par hasard sur internet, pour être sûr que finalement, il est bien homo.
Pédro, la cinquantaine branchée et fringante est amoureux de François, l'adolescent qui vit encore chez Maman. C'est compliqué et frustrant.
lundi 26 février 2018
Méli-mélo d'emplois du temps
FIFI
Lundi: tête dans le plâtre
Mardi: tête dans l'eau
Mercredi: tête à barbe de 3 jours
Jeudi: tête en l'air
Vendredi: tête à claques
Samedi: tête dans le cul
Dimanche: tête à tête
RIRI
Lundi: porte à porte
Mardi: porte manteau
Mercredi: porte de l'orient
Jeudi: porte feuilles
Vendredi: porte jarretelles
Samedi: porte documents
Dimanche: porte fermée
KIKI
Lundi: bleu de travail
Mardi: bleu sidéral
Mercredi: bleu outremer
Jeudi: il bleut des cordes
Vendredi: bleu pastis
Samedi: bleus sur les yeux
Dimanche: bleu dans le ciel
MIMI
Lundi: bas nylon
Mardi: des bas et des hauts
Mercredi: bas résille
Jeudi: bateau sur l'eau
Vendredi: baba au rhum
Samedi: batifolage
Dimanche: bah dis donc!
Lundi: tête dans le plâtre
Mardi: tête dans l'eau
Mercredi: tête à barbe de 3 jours
Jeudi: tête en l'air
Vendredi: tête à claques
Samedi: tête dans le cul
Dimanche: tête à tête
RIRI
Lundi: porte à porte
Mardi: porte manteau
Mercredi: porte de l'orient
Jeudi: porte feuilles
Vendredi: porte jarretelles
Samedi: porte documents
Dimanche: porte fermée
KIKI
Lundi: bleu de travail
Mardi: bleu sidéral
Mercredi: bleu outremer
Jeudi: il bleut des cordes
Vendredi: bleu pastis
Samedi: bleus sur les yeux
Dimanche: bleu dans le ciel
MIMI
Lundi: bas nylon
Mardi: des bas et des hauts
Mercredi: bas résille
Jeudi: bateau sur l'eau
Vendredi: baba au rhum
Samedi: batifolage
Dimanche: bah dis donc!
Les livres dont personne ne veut.
"Bernadette Soubirou, sa vie son oeuvre" De soeur Marie-Madeleine.
C'était une petite bonne soeur toute ronde et tout sourire, âgée d'une soixante d'années. Elle déclara qu'elle avait mis 20 ans à rassembler tous les éléments de la vie de cette sainte mais qu'elle eut plus de mal à raconter son oeuvre.
"Attrape-moi par la queue" De Roger Dushmoll.
Un gros bonhomme adipeux se présenta au bureau. La couverture de son livre était tachée de gras et de ronds marrons qu'on devinait être la trace de tasses de café. (Peut-être?)
Roger Dushmoll disait que c'était un livre pour enfants. Il y racontait tous les viols de curés sur leurs enfants de coeur, avec moultes détails.
"La vie secrète d'une mouche" De Valentina de Saint Hubert.
La dame, âgée d'une quarantaine d'années était habillée avec beaucoup de classe et portait une capeline de feutre et des talons hauts. Elle expliqua que son livre était une vraie daube: qui peut s'intéresser à la vie "secrète" d'une mouche, franchement? Mais qu'il avait le mérite d'avoir été écrit et donc publié.
"Rapport entre la physique quantique et le pâté" D'Arnold Pissededans.
Le personnage ressemblait étrangement au Professeur Tournesol. Il était persuadé que son livre était un monument de la science, LE livre qu'il fallait avoir lu avant de manger une tartine de pâté et ne comprenait pas qu'aucun éditeur n'ait vu le best seller qui sommeillait en lui.
"Odette se fait des couettes" De Pétronille Abusco
Une vieille dame voutée sur sa cane, qui portait un chignon haut perché et un peu de travers, disait qu'elle écrivait des livres pour enfants indisciplinés et perdus pour la société, qu'il fallait remettre dans le droit chemin.
C'était une petite bonne soeur toute ronde et tout sourire, âgée d'une soixante d'années. Elle déclara qu'elle avait mis 20 ans à rassembler tous les éléments de la vie de cette sainte mais qu'elle eut plus de mal à raconter son oeuvre.
"Attrape-moi par la queue" De Roger Dushmoll.
Un gros bonhomme adipeux se présenta au bureau. La couverture de son livre était tachée de gras et de ronds marrons qu'on devinait être la trace de tasses de café. (Peut-être?)
Roger Dushmoll disait que c'était un livre pour enfants. Il y racontait tous les viols de curés sur leurs enfants de coeur, avec moultes détails.
"La vie secrète d'une mouche" De Valentina de Saint Hubert.
La dame, âgée d'une quarantaine d'années était habillée avec beaucoup de classe et portait une capeline de feutre et des talons hauts. Elle expliqua que son livre était une vraie daube: qui peut s'intéresser à la vie "secrète" d'une mouche, franchement? Mais qu'il avait le mérite d'avoir été écrit et donc publié.
"Rapport entre la physique quantique et le pâté" D'Arnold Pissededans.
Le personnage ressemblait étrangement au Professeur Tournesol. Il était persuadé que son livre était un monument de la science, LE livre qu'il fallait avoir lu avant de manger une tartine de pâté et ne comprenait pas qu'aucun éditeur n'ait vu le best seller qui sommeillait en lui.
"Odette se fait des couettes" De Pétronille Abusco
Une vieille dame voutée sur sa cane, qui portait un chignon haut perché et un peu de travers, disait qu'elle écrivait des livres pour enfants indisciplinés et perdus pour la société, qu'il fallait remettre dans le droit chemin.
Vents contraires
Toi tu es parole et moi je suis silence.
Tu remplis ta vie alors que je fais le vide.
Tu as besoin de bruit, de tumulte, de vitesse. il me faut juste le calme.
Tu es Kung Fu, je suis yoga.
Tu es voyage, je suis maison.
Tu es dans la joie, moi dans la peine.
Un dans l'urgence, l'autre dans la lenteur.
Tu es anxieux, je suis sereine.
Tu es terre, je suis mer.
Tu es père, je suis mère.
Mais la vie, c'est moi. Es-tu donc la mort?
Qui restera? Qui partira?
Dans tout ce plein que tu t'inventes, où est mon vide?
Il faudrait que tu viennes en bas pour me parler. Mais tu voles trop haut.
A trop t'aimer, je finis par te haïr.
Tout devient noir dans ce trop blanc.
Vivre ensemble et mourir séparés.
Autant le faire tout de suite.
Moi le silence, toi la parole.
Tu remplis ta vie alors que je fais le vide.
Tu as besoin de bruit, de tumulte, de vitesse. il me faut juste le calme.
Tu es Kung Fu, je suis yoga.
Tu es voyage, je suis maison.
Tu es dans la joie, moi dans la peine.
Un dans l'urgence, l'autre dans la lenteur.
Tu es anxieux, je suis sereine.
Tu es terre, je suis mer.
Tu es père, je suis mère.
Mais la vie, c'est moi. Es-tu donc la mort?
Qui restera? Qui partira?
Dans tout ce plein que tu t'inventes, où est mon vide?
Il faudrait que tu viennes en bas pour me parler. Mais tu voles trop haut.
A trop t'aimer, je finis par te haïr.
Tout devient noir dans ce trop blanc.
Vivre ensemble et mourir séparés.
Autant le faire tout de suite.
Moi le silence, toi la parole.
dimanche 12 novembre 2017
Eloge de la poubelle
Et alors on se dit: la poubelle, quelle idée géniale!Saurons et pourrons nous un jour lui rendre l'hommage quelle mérite cette poubelle? Je suis sûre que vous prenez grand soin à la choisir, car elle orne souvent les cuisines exiguës. Ronde, cubique, haute, avec couvercle, sans couvercle, avec lumière bleue, en plastique, en intox, en osier...On n'imagine pas ce que la poubelle est capable de déployer pour nous séduire.
Et pourtant, quels ingrats nous sommes! On la gave de nos détritus sans vergogne. Même ceux qui puent: arêtes de poissons, mégots de cigarette, le vieux fromage du fond du frigo, la couche culotte. Et allez on y va, on la bourre, la pauvrette! Alors qu'elle est tout amour pour nous, qu'elle est prête à nous rendre les services les plus intimes et les plus secrets! Elle planque discrètement le verre cassé de la grand-mère, nos cotons tige jaunâtres et collants, nos mouchoirs en papier plein de morve, nos serviettes hygiéniques et nos tampons...
Est-ce qu'une seconde vous pourriez avoir un autre regard sur cet objet somme toute banale et malgré tout indispensable?
Alors, s'il vous plaît, parlez lui, soignez la, nettoyez la de temps en temps en prenant bien soin de la gratouiller là où ça lui fait du bien, caressez la, ne la jetez plus sauvagement dans la grosse benne du local à poubelles! Rendez lui ses lettres de noblesse faîtes corps avec votre chère poubelle!
Pensez, réfléchissez à ce que vous lui faîtes vivre! Ne la gavez plus des choses inutiles qui encombrent votre vie et votre frigo.
Bichonnez la, aimez la. Triez. Elle le mérite bien!
Et pourtant, quels ingrats nous sommes! On la gave de nos détritus sans vergogne. Même ceux qui puent: arêtes de poissons, mégots de cigarette, le vieux fromage du fond du frigo, la couche culotte. Et allez on y va, on la bourre, la pauvrette! Alors qu'elle est tout amour pour nous, qu'elle est prête à nous rendre les services les plus intimes et les plus secrets! Elle planque discrètement le verre cassé de la grand-mère, nos cotons tige jaunâtres et collants, nos mouchoirs en papier plein de morve, nos serviettes hygiéniques et nos tampons...
Est-ce qu'une seconde vous pourriez avoir un autre regard sur cet objet somme toute banale et malgré tout indispensable?
Alors, s'il vous plaît, parlez lui, soignez la, nettoyez la de temps en temps en prenant bien soin de la gratouiller là où ça lui fait du bien, caressez la, ne la jetez plus sauvagement dans la grosse benne du local à poubelles! Rendez lui ses lettres de noblesse faîtes corps avec votre chère poubelle!
Pensez, réfléchissez à ce que vous lui faîtes vivre! Ne la gavez plus des choses inutiles qui encombrent votre vie et votre frigo.
Bichonnez la, aimez la. Triez. Elle le mérite bien!
lundi 6 novembre 2017
Une journée à la plage
A droite il y a les familles du coin.
La blonde avec ses moutards, les sacs carrefour à bloc de jouets, pelles, rateaux, seaux, serviettes, parasols... Son mec suit, le temps de fermer la voiture. Dans les mains, les glacières et les chaises longues.
Au milieu, il y a les touristes. On descend de la voiture, on longe le lit de la rivière et HOP! la plage, le sable, la mer, le pied.
A gauche, il y a les aventuriers nudistes. Juste une serviette et la crème solaire.
Et moi j'attends la désertification et le silence moite.
A neuf heures, presque personne. La copine qui descend digérer son chagrin, celle qui doit garder la forme et qui court et qui nage, le pêcheur qui revient en zodiac avec un seau de soupe.
A dix heures, la mamie et ses quatorze petits enfants. Crème solaire à tour de rôle, tee-shirt anti UV, lunettes, casquettes, nagettes.
A onze heures, le gros de la troupe a enfin fini le petit dej, la toilette, la vaisselle et les courses au camping. La blonde et son mec par exemple.
A midi, le parasol, faut qu'il tienne! Le vent se lève et les brailleurs viennent réclamer les sandwiches et le paquet de chips.
Les touristes du milieu et les aventuriers de la gauche arrivent en bande ou en couple.
A quatorze heures la mamie remonte pour la sieste.
Au milieu c'est noir de monde et à droite ça bouquine sous les parasols.
Et moi j'attends la désertification et le silence moite.
A seize heures la plage affiche son heure de pointe. A droite, à gauche, au milieu, même combat: des cris, des bateaux, des scooters de mer, des palmes, des chiens, des méduses, des ballons, des raquettes.
A dix-huit heures le flot se distille. Ca remonte le chemin pour les douches, l'apéro, le dîner.
A dix-neuf heures, c'est copains/apéro en attendant le coucher de soleil. Ca picole, ça rigole, ça danse entre deux cacahuètes et trois mojitos. Le bruit du clapotis en bord de mer est couvert par les rires et la musique.
Et moi j' attends la désertification et le silence moite.
A minuit, c'est bain de minuit.
A deux heures tout le monde rentre chez soi. Même moi, qui attendra demain pour ma désertification et mon silence moite. Peut-être.
La blonde avec ses moutards, les sacs carrefour à bloc de jouets, pelles, rateaux, seaux, serviettes, parasols... Son mec suit, le temps de fermer la voiture. Dans les mains, les glacières et les chaises longues.
Au milieu, il y a les touristes. On descend de la voiture, on longe le lit de la rivière et HOP! la plage, le sable, la mer, le pied.
A gauche, il y a les aventuriers nudistes. Juste une serviette et la crème solaire.
Et moi j'attends la désertification et le silence moite.
A neuf heures, presque personne. La copine qui descend digérer son chagrin, celle qui doit garder la forme et qui court et qui nage, le pêcheur qui revient en zodiac avec un seau de soupe.
A dix heures, la mamie et ses quatorze petits enfants. Crème solaire à tour de rôle, tee-shirt anti UV, lunettes, casquettes, nagettes.
A onze heures, le gros de la troupe a enfin fini le petit dej, la toilette, la vaisselle et les courses au camping. La blonde et son mec par exemple.
A midi, le parasol, faut qu'il tienne! Le vent se lève et les brailleurs viennent réclamer les sandwiches et le paquet de chips.
Les touristes du milieu et les aventuriers de la gauche arrivent en bande ou en couple.
A quatorze heures la mamie remonte pour la sieste.
Au milieu c'est noir de monde et à droite ça bouquine sous les parasols.
Et moi j'attends la désertification et le silence moite.
A seize heures la plage affiche son heure de pointe. A droite, à gauche, au milieu, même combat: des cris, des bateaux, des scooters de mer, des palmes, des chiens, des méduses, des ballons, des raquettes.
A dix-huit heures le flot se distille. Ca remonte le chemin pour les douches, l'apéro, le dîner.
A dix-neuf heures, c'est copains/apéro en attendant le coucher de soleil. Ca picole, ça rigole, ça danse entre deux cacahuètes et trois mojitos. Le bruit du clapotis en bord de mer est couvert par les rires et la musique.
Et moi j' attends la désertification et le silence moite.
A minuit, c'est bain de minuit.
A deux heures tout le monde rentre chez soi. Même moi, qui attendra demain pour ma désertification et mon silence moite. Peut-être.
Une vie
Le foetus bouge quand il a faim soif mal au cordon envie de sortir.
Le foetus suce son pouce pour se détendre et écouter le monde.
Le bébé pleure quand il a faim soif mal au ventre envie de te voir
Le bébé suce son pouce pour se rassurer et voir le monde.
L'enfant pleure quand il a faim soif mal au ventre envie de te voir.
L'enfant tête son doudou pour ne pas pleurer sur les petites misères du monde.
Le pré ado râle quand il a faim soif mal au ventre pas envie de te voir.
Le pré ado se colle un écouteur dans les oreilles pour échapper au monde.
L'ado hurle quand il a faim soif mal au ventre envie d'être ailleurs.
L'ado se visse les yeux sur un écran pour s'isoler du monde.
Le jeune adulte te réclame de l'argent quand il a faim soif mal au ventre envie de voyages.
Le jeune adulte se défonce dans l'alcool ou le sport pour exister et envisager le monde.
L'adulte paye quand il a faim soif mal au ventre envie de vacances.
L'adulte se gave de télé d'infos de lecture pour connaître le monde.
Le vieux bave quand il a fait faim soif mal au ventre envie de pisser.
Le vieux se gave aussi de télé parce qu'il n'a rien d'autre à faire et le monde il connaît.
Le mort n'a plus faim soif mal au ventre et plus envie de rien.
Le mort se gave de silence et gave les vers. il n'a rien d'autre à faire. Le monde n'existe plus
Le foetus suce son pouce pour se détendre et écouter le monde.
Le bébé pleure quand il a faim soif mal au ventre envie de te voir
Le bébé suce son pouce pour se rassurer et voir le monde.
L'enfant pleure quand il a faim soif mal au ventre envie de te voir.
L'enfant tête son doudou pour ne pas pleurer sur les petites misères du monde.
Le pré ado râle quand il a faim soif mal au ventre pas envie de te voir.
Le pré ado se colle un écouteur dans les oreilles pour échapper au monde.
L'ado hurle quand il a faim soif mal au ventre envie d'être ailleurs.
L'ado se visse les yeux sur un écran pour s'isoler du monde.
Le jeune adulte te réclame de l'argent quand il a faim soif mal au ventre envie de voyages.
Le jeune adulte se défonce dans l'alcool ou le sport pour exister et envisager le monde.
L'adulte paye quand il a faim soif mal au ventre envie de vacances.
L'adulte se gave de télé d'infos de lecture pour connaître le monde.
Le vieux bave quand il a fait faim soif mal au ventre envie de pisser.
Le vieux se gave aussi de télé parce qu'il n'a rien d'autre à faire et le monde il connaît.
Le mort n'a plus faim soif mal au ventre et plus envie de rien.
Le mort se gave de silence et gave les vers. il n'a rien d'autre à faire. Le monde n'existe plus
samedi 21 octobre 2017
Moi, mésange célibataire.
J'ai mis des jours à trouver le bon endroit.
Finalement, j'ai choisi ce trou dans un tronc d'arbre. Je trouvais qu'il était déjà un nid, ce petit trou d'écorce douce. Et puis, il était à la croisée de trois branches, comme le symbole de la paix.
Mon mâle n'était pas vraiment d'accord avec moi. Il est suspicieux, l'oiseau!
Finalement il a cédé. De toutes façons il fallait se dépêcher.
Ensuite, il a fallu encore des jours à chercher les bonnes brindilles et à les installer une à une, dans un agencement dont nous seuls avons le secret: les courtes, flexibles et douces à l'intérieur, les longues un peu folles à l'extérieur.
Puis j'ai fini par m'installer.
J'aimais bien la vue de mon balcon.
Et tous les jours je me disais que j'avais fait le bon choix.
Ils seront en sécurité là, mes petits oeufs.
J'en ai pondu quatre. Tous beaux, tous ronds, tous blancs.
Amoureusement couvés.
Au 6° jour de couvage, je n'ai plus revu mon mâle.
Parti avec une autre? Prisonnier dans une cage? Mangé par un chat? Ecrasé contre une fenêtre?
Il a fallu que je quitte mon nid et mes oeufs pour me nourrir.
Mon nid plein.
Quelle vie, d'être mésange célibataire!
Il faut défier tous les pièges pour être sûre de revenir se coucher sur ces petits trésors.
Et le pire reste à venir!
Vous, vous pensez oisillons, c'est mignon, becs ouverts, babillages...
Moi je pense vermisseaux à trouver, nourriture, astreinte, nuits blanches, angoisses....
Dès qu'ils volent de leurs propres ailes, c'est décidé, je me trouve un autre oiseau.
Finalement, j'ai choisi ce trou dans un tronc d'arbre. Je trouvais qu'il était déjà un nid, ce petit trou d'écorce douce. Et puis, il était à la croisée de trois branches, comme le symbole de la paix.
Mon mâle n'était pas vraiment d'accord avec moi. Il est suspicieux, l'oiseau!
Finalement il a cédé. De toutes façons il fallait se dépêcher.
Ensuite, il a fallu encore des jours à chercher les bonnes brindilles et à les installer une à une, dans un agencement dont nous seuls avons le secret: les courtes, flexibles et douces à l'intérieur, les longues un peu folles à l'extérieur.
Puis j'ai fini par m'installer.
J'aimais bien la vue de mon balcon.
Et tous les jours je me disais que j'avais fait le bon choix.
Ils seront en sécurité là, mes petits oeufs.
J'en ai pondu quatre. Tous beaux, tous ronds, tous blancs.
Amoureusement couvés.
Au 6° jour de couvage, je n'ai plus revu mon mâle.
Parti avec une autre? Prisonnier dans une cage? Mangé par un chat? Ecrasé contre une fenêtre?
Il a fallu que je quitte mon nid et mes oeufs pour me nourrir.
Mon nid plein.
Quelle vie, d'être mésange célibataire!
Il faut défier tous les pièges pour être sûre de revenir se coucher sur ces petits trésors.
Et le pire reste à venir!
Vous, vous pensez oisillons, c'est mignon, becs ouverts, babillages...
Moi je pense vermisseaux à trouver, nourriture, astreinte, nuits blanches, angoisses....
Dès qu'ils volent de leurs propres ailes, c'est décidé, je me trouve un autre oiseau.
Il y a
Il y a des cheveux blancs et d'autres moins.
Il y a des chaînes qui pendent en attendant le fantôme.
Il y a le gratouillis des mines sur le papier et le frottement des mains qui glissent sur les cahiers.
Il y a des éclairs de lumière dans les feuilles jaunissantes.
Il y a des lunettes qui tombent sur le nez.
il y a des mots et des mots et des mots.
Il y a des couleurs neutres sur les corps.
Il y a des yeux qui cherchent l'inspiration.
Il y a le brillant des paillettes sur la table.
Il y a des oliviers sauvages qui chuchotent dans le vent.
Il y a des bouts de bleu avec des nuages.
Il y a le silence peuplé de bruits diffus.
Il y a mon bonheur au fin fond du coeur.
Il y a mes perles qui parlent d'amour.
Il y a la sagesse qui coule dans les yeux .
Il y a les souvenirs d'une amitié perdue.
Il y a le secret des fautes inavouées.
Il y a les morts qui vivent ailleurs.
Je pense à vous.
Il y a des chaînes qui pendent en attendant le fantôme.
Il y a le gratouillis des mines sur le papier et le frottement des mains qui glissent sur les cahiers.
Il y a des éclairs de lumière dans les feuilles jaunissantes.
Il y a des lunettes qui tombent sur le nez.
il y a des mots et des mots et des mots.
Il y a des couleurs neutres sur les corps.
Il y a des yeux qui cherchent l'inspiration.
Il y a le brillant des paillettes sur la table.
Il y a des oliviers sauvages qui chuchotent dans le vent.
Il y a des bouts de bleu avec des nuages.
Il y a le silence peuplé de bruits diffus.
Il y a mon bonheur au fin fond du coeur.
Il y a mes perles qui parlent d'amour.
Il y a la sagesse qui coule dans les yeux .
Il y a les souvenirs d'une amitié perdue.
Il y a le secret des fautes inavouées.
Il y a les morts qui vivent ailleurs.
Je pense à vous.
C'est la nuit
C'est la nuit qu'elle vient me chercher.
Elle arrive, toute fraîche dans sa lueur blanche, ma licorne préférée.
D'abord je la caresse et puis je la chevauche.
Et alors elle m'emmène.
Pas de questions, pas de mots.
Juste cette tendresse dans le contact chaud de sa crinière.
Et mon regard attiré par les paillettes de son rostre torsadé.
Je voyage.
Je vais de chambre en chambre.
Je pénètre les rêves de ceux qui y dorment.
Je les transforme, ces rêves.
Je m'y incruste.
Je les badigeonne de poudre scintillante.
Je me présente à eux comme une évidence divine.
Je frôle les étoiles et elles frissonnent.
La nuit est un velours bleu profond où tout est silhouette sombre.
Ma licorne me fait aller où elle veut.
Parfois je vois la mer qui s'habille d'argent devant la lune.
Parfois je vois des branches menaçantes.
Parfois je vois l'aube à l'ouest.
Alors il faut rentrer, se remettre au lit pour qu'on ne s'aperçoive de rien.
Et ranger ma licorne sous l'armoire pour qu'elle reste mon secret.
Le secret de mes nuits vagabondes.
Le pansement de mes insomnies.
Le miel de mes angoisses nocturnes.
Elle arrive, toute fraîche dans sa lueur blanche, ma licorne préférée.
D'abord je la caresse et puis je la chevauche.
Et alors elle m'emmène.
Pas de questions, pas de mots.
Juste cette tendresse dans le contact chaud de sa crinière.
Et mon regard attiré par les paillettes de son rostre torsadé.
Je voyage.
Je vais de chambre en chambre.
Je pénètre les rêves de ceux qui y dorment.
Je les transforme, ces rêves.
Je m'y incruste.
Je les badigeonne de poudre scintillante.
Je me présente à eux comme une évidence divine.
Je frôle les étoiles et elles frissonnent.
La nuit est un velours bleu profond où tout est silhouette sombre.
Ma licorne me fait aller où elle veut.
Parfois je vois la mer qui s'habille d'argent devant la lune.
Parfois je vois des branches menaçantes.
Parfois je vois l'aube à l'ouest.
Alors il faut rentrer, se remettre au lit pour qu'on ne s'aperçoive de rien.
Et ranger ma licorne sous l'armoire pour qu'elle reste mon secret.
Le secret de mes nuits vagabondes.
Le pansement de mes insomnies.
Le miel de mes angoisses nocturnes.
jeudi 8 juin 2017
Souvenirs d'Henriette, 3 ans
La rue était très chaude.
La lumière aussi.
Ma main toute mouillée dans celle de Maman.
C'était jour de marché et on était obligé d'y aller.
Dans la campagne il fallait marcher longtemps sans se plaindre. Les grandes herbes me piquaient partout et Mamie passait de l'eau de la rivière sur mes brûlures. Puis il fallait rentrer avec des bouquets de lilas qui me dépassaient et qui sentaient très bon.
J'aimais bien aller au cabanon. Il y avait plein de choses à faire. J'aimais surtout regarder la lente marche des chenilles à la queue leu leu comme on faisait dans la cour de l'école quand on allait manger à la cantine.
De l'autre côté de la fenêtre il y avait ce garçon qui me regardait tout le temps. Je ne l'aimais pas: il avait les oreilles décollées. Alors je lui ai tiré la langue. Et j'ai failli m'étouffer en avalant mon bonbon.
Un jour on est parti avec la belle auto de Papi, très loin dans le désert caramel. Et puis on est arrivé dans un village tout démoli avec des pierres cassées partout. On voyait la mer à travers. Tout le monde trouvait ça très beau. Moi, ça me rendait triste et désolée.
Dans les cactus, j'ai caché mon trésor. Une petite boîte remplie des mines cassées de mes crayons de couleur. J'ai été obligée de le dire à Papa quand il a voulu arracher les cactus.
La lumière aussi.
Ma main toute mouillée dans celle de Maman.
C'était jour de marché et on était obligé d'y aller.
Dans la campagne il fallait marcher longtemps sans se plaindre. Les grandes herbes me piquaient partout et Mamie passait de l'eau de la rivière sur mes brûlures. Puis il fallait rentrer avec des bouquets de lilas qui me dépassaient et qui sentaient très bon.
J'aimais bien aller au cabanon. Il y avait plein de choses à faire. J'aimais surtout regarder la lente marche des chenilles à la queue leu leu comme on faisait dans la cour de l'école quand on allait manger à la cantine.
De l'autre côté de la fenêtre il y avait ce garçon qui me regardait tout le temps. Je ne l'aimais pas: il avait les oreilles décollées. Alors je lui ai tiré la langue. Et j'ai failli m'étouffer en avalant mon bonbon.
Un jour on est parti avec la belle auto de Papi, très loin dans le désert caramel. Et puis on est arrivé dans un village tout démoli avec des pierres cassées partout. On voyait la mer à travers. Tout le monde trouvait ça très beau. Moi, ça me rendait triste et désolée.
Dans les cactus, j'ai caché mon trésor. Une petite boîte remplie des mines cassées de mes crayons de couleur. J'ai été obligée de le dire à Papa quand il a voulu arracher les cactus.
Les feux de l'été.
Résumé de l'épisode 5 de la saison 4 de la série "les feux de l'été".
Article de la blogueuse Kimberley.
Rappelle des personnage principal de la cerie.
Patricia qui voix tout en rouge. Elle aime les cokeliquos et le san. (En fette elle es comuniste)
Coralie qui es aracnofobe. Elle hurle dé qu'on parle d'arénié.
Yvon il aime la foto de nus. Il choisit ses copine en foncsion des foto qu'il peut en tirer.
Louis est dan la polisse. Il es jenti.
Denis ème les fames. Surtou les étrangers et pour sa, il fait le tour du monde.
Ariel est jalouze. Même d'elle. Elle fé tout le tan des crise absurde et per Tou ses ami.
Yvon a reuci a sové son studio foto des flame. mai il a perdu Tou ses négatif. Il va faloir retrouvé plin de copine! Mais Ariel ki ai tro jalouze, va lan enpeché paske voila, elle ne suporte pa toute ses ninfette qui tournent otour d'Yvon. Donc elle va voir sa copine Patricia et lui demande koi ki fô faire.
Alor Patricia, ki vient justemen de plaker son copin Denis ki cour un peu tro le monde, lui dit qu'il fo avertir les flic que l'insendi es criminel. Ariel se di que cé une bonne idé et elle acuse François ki fume Tou le tan d'avoir foutu le feu au studio.
penden se tent, Coralie ki es trè amoureuse du comiçère qui s'apele Louis, fait genre je tonbe dan les pome parski a une arénié comme fon d'écren sur son portable.
Denis, ki été parti à Lagos en "voyage d'afère", revien à se momen la et trouve Tou sa un peu louche, vu que c'es le meilleur ami d'Yvon et kil set bien kil a des souci financié.
Ira tel voir Louis pour lui sugéré que c'est pas François ki a fai le cou mais Yvon ki a fé une arnake à l'açurence????
A suive.
HOPPER. "The long leg" 1930
C'était un jour bleu.
Je revenais tranquillement d'une sortie en mer avec mon ketch.
Le vent gonflait gentiment mes voiles et la sensation de vitesse donnée par la gîte du bateau me grisait doucement.
C'était un jour bleu.
La rondeur du paysage me plongeait dans un sentiment de confort et d'harmonie, comme l'édredon posé sur un lit douillet.
J'étais en sécurité.
C'était un jour bleu qui s'étirait sur le soir avec des nuances violettes qui brisaient l'outremer foncé de mon placenta.
Pas un nuage dans l'azur clair. Que les ombres des dunes sur l'horizontalité de la côte.
C'était un jour bleu et le sémaphore faisait écho à la verticalité de mon mât.
De la barre, je voyais la rondeur de mes voiles et cette sérénité iodée sur laquelle mon bateau glissait.
Comme une évidence.
C'était un jour bleu d'espoir et d'amour. Fragile et sûr.
Une lueur d'éternité figée dans les couleurs.
Je revenais tranquillement d'une sortie en mer avec mon ketch.
Le vent gonflait gentiment mes voiles et la sensation de vitesse donnée par la gîte du bateau me grisait doucement.
C'était un jour bleu.
La rondeur du paysage me plongeait dans un sentiment de confort et d'harmonie, comme l'édredon posé sur un lit douillet.
J'étais en sécurité.
C'était un jour bleu qui s'étirait sur le soir avec des nuances violettes qui brisaient l'outremer foncé de mon placenta.
Pas un nuage dans l'azur clair. Que les ombres des dunes sur l'horizontalité de la côte.
C'était un jour bleu et le sémaphore faisait écho à la verticalité de mon mât.
De la barre, je voyais la rondeur de mes voiles et cette sérénité iodée sur laquelle mon bateau glissait.
Comme une évidence.
C'était un jour bleu d'espoir et d'amour. Fragile et sûr.
Une lueur d'éternité figée dans les couleurs.
lundi 10 avril 2017
Liste
Un hippopotame en talons aiguilles
Une mangouste en montgolfière
Un troupeau d'oies sur un toboggan
Le téléphone aux ailes de papillon
Une photo qui éclate en mille morceaux
La maison qui trotte vers la forêt
Une lettre à bascule
Un lit qui tricote ses édredons
Un planeur palmé qui nage
Mes lunettes qui s'évaporent
Des nuages à la surface de l'eau
Un savon qui fume
Un indien déguisé en père noël
Un arbre qui vomit
Un ange qui boude
Un train qui vole et une vache qui le suit
La lune qui baille
La lumière qui fond
Le désordre qui court en tennis
Un film sans fin
Un agneau qui mange le loup
Une perle qui parle
Un cactus qui picole de la téquila
Une souris qui brode avec des poils de chat.
Une mangouste en montgolfière
Un troupeau d'oies sur un toboggan
Le téléphone aux ailes de papillon
Une photo qui éclate en mille morceaux
La maison qui trotte vers la forêt
Une lettre à bascule
Un lit qui tricote ses édredons
Un planeur palmé qui nage
Mes lunettes qui s'évaporent
Des nuages à la surface de l'eau
Un savon qui fume
Un indien déguisé en père noël
Un arbre qui vomit
Un ange qui boude
Un train qui vole et une vache qui le suit
La lune qui baille
La lumière qui fond
Le désordre qui court en tennis
Un film sans fin
Un agneau qui mange le loup
Une perle qui parle
Un cactus qui picole de la téquila
Une souris qui brode avec des poils de chat.
La nébuleuse du Crab. suite
Crab est un grand sportif. Il s'achète tous les ans une nouvelle planche à voile qu'il promène sur son dos à la montagne.
Crab aurait pu être bel homme, s'il n'avait pas les oreilles à la place du nez et la bouche sur le front.
Crab est un grand romantique. Quand il est amoureux, il offre à ses flirts des moules qu'il a ramassé sur le plage le mois dernier.
Crab ne fait pas de sport. Il déteste ça. Il dit que le ménage et le jardinage le font déjà beaucoup suer, ça suffit bien pour sa bedaine proéminente.
Crab a eu une enfance plutôt heureuse. Le souvenir de sa mère morte quand il avait 3 ans le fait encore sourire. Ainsi que les sévices corporels subis dans le pensionnat de son quartier. Finalement, il s'en tire plutôt bien, Crab.
Quand il parle, Crab ouvre grand le front. Ses dents jaunies par le tabac sentent la menthe salée et un banc de sardines s'écrase dans sa barbe.
Crab consomme beaucoup de médicaments. Pourtant il n'est jamais malade. Juste un peu schyso et hypocondriaque . Mais avaler des pilules le rassure sur le bien fondé des laboratoires, sur la montée de l'islamisme et sur le mariage pour tous.
Crab aurait pu être bel homme, s'il n'avait pas les oreilles à la place du nez et la bouche sur le front.
Crab est un grand romantique. Quand il est amoureux, il offre à ses flirts des moules qu'il a ramassé sur le plage le mois dernier.
Crab ne fait pas de sport. Il déteste ça. Il dit que le ménage et le jardinage le font déjà beaucoup suer, ça suffit bien pour sa bedaine proéminente.
Crab a eu une enfance plutôt heureuse. Le souvenir de sa mère morte quand il avait 3 ans le fait encore sourire. Ainsi que les sévices corporels subis dans le pensionnat de son quartier. Finalement, il s'en tire plutôt bien, Crab.
Quand il parle, Crab ouvre grand le front. Ses dents jaunies par le tabac sentent la menthe salée et un banc de sardines s'écrase dans sa barbe.
Crab consomme beaucoup de médicaments. Pourtant il n'est jamais malade. Juste un peu schyso et hypocondriaque . Mais avaler des pilules le rassure sur le bien fondé des laboratoires, sur la montée de l'islamisme et sur le mariage pour tous.
Avec du sucre, votre café?
Le sucre est un petit carré de luxe, pas vraiment bon pour la santé, mais carrément bon pour le moral.
On le trouve aussi en poudre. Toutes sortes de poudres: épaisse et brune, fine et blanche, farineuse comme du talc. Ou bien en cristaux comme des petites pierres précieuses. Ou accroché à un bâtonnet de bois que l'on peut sucer.
Le simple fait d'en prendre un morceau dans les doigts nous transporte dans les îles où les cannes à sucre dansent sous le vent.
En fermant les yeux, on aperçoit les esclaves noirs, à demi nus, luisant de sueur, fouettés par le maître à cheval pour attiser la cadence.
Sous le coupecoupe qui fait tomber les tiges ligneuses, il y a des bêtes voraces et dangereuses: serpents, araignées, scolopendres.
Et ces esclaves noirs, qui sont pieds nus, se font piquer ou mordre, attrapent la fièvre et meurent.
Tout ça pour le petit carré de sucre qui tombe mollement au fond de notre tasse de café, pour un minuscule et fugace plaisir gourmand.
Mais bien sûr, on ne meure plus en ramassant la canne. Les esclaves n'existent plus. Normalement.
Les coupeurs ont de hautes bottes de caoutchouc qui protègent leurs jambes.
Et des machines infernales et gigantesques transforment la plante en mélasse, puis en sirop, ou en poudre ou en morceaux, ou en rhum. Des machines conduites par des hommes, dirigés par des chefs grognons et exigeants, payés en dessous du SMIC.
EXPLOITATION: c'est comme ça qu'on appelle les distilleries dans les îles.
C'était hier. Et c'est aujourd'hui.
On le trouve aussi en poudre. Toutes sortes de poudres: épaisse et brune, fine et blanche, farineuse comme du talc. Ou bien en cristaux comme des petites pierres précieuses. Ou accroché à un bâtonnet de bois que l'on peut sucer.
Le simple fait d'en prendre un morceau dans les doigts nous transporte dans les îles où les cannes à sucre dansent sous le vent.
En fermant les yeux, on aperçoit les esclaves noirs, à demi nus, luisant de sueur, fouettés par le maître à cheval pour attiser la cadence.
Sous le coupecoupe qui fait tomber les tiges ligneuses, il y a des bêtes voraces et dangereuses: serpents, araignées, scolopendres.
Et ces esclaves noirs, qui sont pieds nus, se font piquer ou mordre, attrapent la fièvre et meurent.
Tout ça pour le petit carré de sucre qui tombe mollement au fond de notre tasse de café, pour un minuscule et fugace plaisir gourmand.
Mais bien sûr, on ne meure plus en ramassant la canne. Les esclaves n'existent plus. Normalement.
Les coupeurs ont de hautes bottes de caoutchouc qui protègent leurs jambes.
Et des machines infernales et gigantesques transforment la plante en mélasse, puis en sirop, ou en poudre ou en morceaux, ou en rhum. Des machines conduites par des hommes, dirigés par des chefs grognons et exigeants, payés en dessous du SMIC.
EXPLOITATION: c'est comme ça qu'on appelle les distilleries dans les îles.
C'était hier. Et c'est aujourd'hui.
Le petit pull
Un petit pull blanc en laine vierge.
De la laine vierge filée et tissée sur un métier.
De la laine vierge tondue sur le dos du mouton.
Ce mouton qui broute l'herbe d'un alpage quelconque.
Sur une montagne bien sûr.
Une montagne toute blanche en hiver.
Couverte de neige.
De la neige, qui n'est autre que de l'eau.
De l'eau de pluie très froide.
De la pluie qui vient d'énormes nuages blancs.
Des nuages qui filent dans le ciel.
Le ciel qui se voûte et nous protège.
Avec ses armées d'anges et de démons
Des anges et des démons dirigés par un dieu.
Ou plusieurs, on s'en fout.
Un Dieu ou des dieux pour qui les hommes se battent.
Et s'entretuent.
Alors qu'il y a tant d'autres choses à faire!
Par exemple, se promener dans la montagne.
Marcher dans l'herbe.
Admirer le beau mouton qu'il faudra tondre.
Pour filer la laine vierge de mon petit pull blanc.
De la laine vierge filée et tissée sur un métier.
De la laine vierge tondue sur le dos du mouton.
Ce mouton qui broute l'herbe d'un alpage quelconque.
Sur une montagne bien sûr.
Une montagne toute blanche en hiver.
Couverte de neige.
De la neige, qui n'est autre que de l'eau.
De l'eau de pluie très froide.
De la pluie qui vient d'énormes nuages blancs.
Des nuages qui filent dans le ciel.
Le ciel qui se voûte et nous protège.
Avec ses armées d'anges et de démons
Des anges et des démons dirigés par un dieu.
Ou plusieurs, on s'en fout.
Un Dieu ou des dieux pour qui les hommes se battent.
Et s'entretuent.
Alors qu'il y a tant d'autres choses à faire!
Par exemple, se promener dans la montagne.
Marcher dans l'herbe.
Admirer le beau mouton qu'il faudra tondre.
Pour filer la laine vierge de mon petit pull blanc.
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