"Bernadette Soubirou, sa vie son oeuvre" De soeur Marie-Madeleine.
C'était une petite bonne soeur toute ronde et tout sourire, âgée d'une soixante d'années. Elle déclara qu'elle avait mis 20 ans à rassembler tous les éléments de la vie de cette sainte mais qu'elle eut plus de mal à raconter son oeuvre.
"Attrape-moi par la queue" De Roger Dushmoll.
Un gros bonhomme adipeux se présenta au bureau. La couverture de son livre était tachée de gras et de ronds marrons qu'on devinait être la trace de tasses de café. (Peut-être?)
Roger Dushmoll disait que c'était un livre pour enfants. Il y racontait tous les viols de curés sur leurs enfants de coeur, avec moultes détails.
"La vie secrète d'une mouche" De Valentina de Saint Hubert.
La dame, âgée d'une quarantaine d'années était habillée avec beaucoup de classe et portait une capeline de feutre et des talons hauts. Elle expliqua que son livre était une vraie daube: qui peut s'intéresser à la vie "secrète" d'une mouche, franchement? Mais qu'il avait le mérite d'avoir été écrit et donc publié.
"Rapport entre la physique quantique et le pâté" D'Arnold Pissededans.
Le personnage ressemblait étrangement au Professeur Tournesol. Il était persuadé que son livre était un monument de la science, LE livre qu'il fallait avoir lu avant de manger une tartine de pâté et ne comprenait pas qu'aucun éditeur n'ait vu le best seller qui sommeillait en lui.
"Odette se fait des couettes" De Pétronille Abusco
Une vieille dame voutée sur sa cane, qui portait un chignon haut perché et un peu de travers, disait qu'elle écrivait des livres pour enfants indisciplinés et perdus pour la société, qu'il fallait remettre dans le droit chemin.
lundi 26 février 2018
Vents contraires
Toi tu es parole et moi je suis silence.
Tu remplis ta vie alors que je fais le vide.
Tu as besoin de bruit, de tumulte, de vitesse. il me faut juste le calme.
Tu es Kung Fu, je suis yoga.
Tu es voyage, je suis maison.
Tu es dans la joie, moi dans la peine.
Un dans l'urgence, l'autre dans la lenteur.
Tu es anxieux, je suis sereine.
Tu es terre, je suis mer.
Tu es père, je suis mère.
Mais la vie, c'est moi. Es-tu donc la mort?
Qui restera? Qui partira?
Dans tout ce plein que tu t'inventes, où est mon vide?
Il faudrait que tu viennes en bas pour me parler. Mais tu voles trop haut.
A trop t'aimer, je finis par te haïr.
Tout devient noir dans ce trop blanc.
Vivre ensemble et mourir séparés.
Autant le faire tout de suite.
Moi le silence, toi la parole.
Tu remplis ta vie alors que je fais le vide.
Tu as besoin de bruit, de tumulte, de vitesse. il me faut juste le calme.
Tu es Kung Fu, je suis yoga.
Tu es voyage, je suis maison.
Tu es dans la joie, moi dans la peine.
Un dans l'urgence, l'autre dans la lenteur.
Tu es anxieux, je suis sereine.
Tu es terre, je suis mer.
Tu es père, je suis mère.
Mais la vie, c'est moi. Es-tu donc la mort?
Qui restera? Qui partira?
Dans tout ce plein que tu t'inventes, où est mon vide?
Il faudrait que tu viennes en bas pour me parler. Mais tu voles trop haut.
A trop t'aimer, je finis par te haïr.
Tout devient noir dans ce trop blanc.
Vivre ensemble et mourir séparés.
Autant le faire tout de suite.
Moi le silence, toi la parole.
mardi 20 février 2018
Quand les mots s'échappent
Je
me souviens, elle cherchait ses mots. Elle
commençait une phrase, s'arrêtait, prononçait: "Comment je vais
dire?"...et reprenait.
Quand je l'ai connue, ça m'amusait, je pensais qu'elle faisait preuve de réflexion. Ça a duré longtemps comme cela.Et puis "Comment je vais dire?" est revenu de plus en plus souvent, à mesure qu'elle vieillissait, c'était comme un tic et ça m'agaçait.
J'avais de moins en moins de patience pour l'écouter, je n'osais pas lui en parler, il aurait fallu peut-être.
Les derniers mois, il n'y avait plus rien, plus d'autres mots entre ces petites phrases répétées à l'infini: "Comment je vais dire? Comment je vais dire?Comment je vais dire?"
Je n'ai jamais su si elle s'en rendait compte au début, si c'était une souffrance pour elle, à quel moment elle s'est sentie sombrer dans la maladie.
Et c'est un souvenir que je ne peux effacer de ma mémoire, nous avions tant partagé ensemble, avant.
Quand je l'ai connue, ça m'amusait, je pensais qu'elle faisait preuve de réflexion. Ça a duré longtemps comme cela.Et puis "Comment je vais dire?" est revenu de plus en plus souvent, à mesure qu'elle vieillissait, c'était comme un tic et ça m'agaçait.
J'avais de moins en moins de patience pour l'écouter, je n'osais pas lui en parler, il aurait fallu peut-être.
Les derniers mois, il n'y avait plus rien, plus d'autres mots entre ces petites phrases répétées à l'infini: "Comment je vais dire? Comment je vais dire?Comment je vais dire?"
Je n'ai jamais su si elle s'en rendait compte au début, si c'était une souffrance pour elle, à quel moment elle s'est sentie sombrer dans la maladie.
Et c'est un souvenir que je ne peux effacer de ma mémoire, nous avions tant partagé ensemble, avant.
lundi 12 février 2018
L'escargot qui voulait vendre sa coquille à une limace
Beau l'escargot était désespéré. Il n'avait plus un sou et il voulait aller au cinéma. On jouait "Pluie d'automne dans un champ de salades". Ce film avait remporté la coquille d'or du festival de Normandie. Comment se procurer la monnaie nécessaire pour payer le billet d'entrée?
Il n'avait rien, rien à lui. Par bonheur il faisait soleil, il pensa qu'il n'avait pas vraiment besoin de sa coquille aujourd'hui. Il pourrait la vendre? Ou au moins la louer? Elle était belle, sa coquille, blanche et nacrée, avec des rayures grises et mordorées.
Il chercha de ses antennes des enfants. Les enfants collectionnent souvent les coquilles et ont toujours une ou deux pièces en poche. Personne alentour. Quand au pied d'un arbre, un peu plus loin, il vit se profiler Dame limace. Il la connaissait un peu. Elle était laide, d'un gris marron très fade, épaisse, baveuse. Mais il savait qu'elle était coquette. Et qu'elle appartenait à une famille fortunée qui avait élu domicile dans l'abri de jardin du château.
Il s'approcha de toute la vitesse dont il était capable et lui fit son plus beau sourire : « Bonsoir Dame limace, comment allez-vous aujourd'hui ? » Elle semblait tout émue, il ne lui adressait jamais la parole d'habitude. Les escargots, c'est beau, mais c'est fier. Il lui annonça qu'il allait pleuvoir. C'était étonnant, le ciel était tout bleu. Il lui demanda si elle aimerait avoir un parapluie. Elle ne savait pas ce que c'était mais elle dit oui, pour continuer la conversation. Il lui parla du confort de sa coquille, lui déclara qu'il la lui céderait volontiers si elle avait quelque monnaie. Elle dit encore oui et offrit trois sous qu'elle gardait dans sa poche dorsale.
Monsieur l'escargot n'était pas malhonnête. Il ne voulait pas voler Dame limace. Mais comment faire passer sa belle coquille de son dos à lui à son échine visqueuse à elle ? Ils se rapprochèrent l'un contre l'autre, se serrèrent, se contorsionnèrent, la coquille ne bougea pas, bien sûr, mais ils échangèrent avec stupéfaction un long baiser très agréable, voluptueux même.
Dame limace en frissonnait et quand l'escargot est reparti en se hâtant vers son cinéma, elle ne se sentit pas flouée. Elle avait vécu la plus belle expérience de sa vie, une expérience unique.
lundi 29 janvier 2018
A quatre mains
La nuit inquiétante qui nous enveloppe dans les A.I.L de Saine Anne
Les bords de mer tristes et, à l'horizon, la ligne lumineuse des îles du Planier
Le paradis pervers de ceux qui inventent des phrases sans queue ni tête
La perversité d'un jeune couple dans l'obscurité
Le charivari des chiens qui hurlent et le scandale des chats qui gémissent dans le noir
Marthe
Qui nous a fait croire qu'écrire était un bonheur sans limite? Ce soir je pense plutôt que c'est le paradis pervers de ceux qui inventent des phrases sans queue ni tête. Les heures ont filé sans que j'arrive à écrire quelque chose de sauvable. La nuit inquiétante enveloppe le quartier Sainte Anne. Par la fenêtre, je peux voir au loin les bords de mer tristes et, à l'horizon, l'éclat du phare de l'île de Planier. Plus près de moi, au bas de l'immeuble, un jeune couple profite de l'obscurité avec perversité, indifférent au charivari des chiens qui hurlent et au scandale des chats qui gémissent dans le noir.
Lilou
Les bords de mer tristes et, à l'horizon, la ligne lumineuse des îles du Planier
Le paradis pervers de ceux qui inventent des phrases sans queue ni tête
La perversité d'un jeune couple dans l'obscurité
Le charivari des chiens qui hurlent et le scandale des chats qui gémissent dans le noir
Marthe
Qui nous a fait croire qu'écrire était un bonheur sans limite? Ce soir je pense plutôt que c'est le paradis pervers de ceux qui inventent des phrases sans queue ni tête. Les heures ont filé sans que j'arrive à écrire quelque chose de sauvable. La nuit inquiétante enveloppe le quartier Sainte Anne. Par la fenêtre, je peux voir au loin les bords de mer tristes et, à l'horizon, l'éclat du phare de l'île de Planier. Plus près de moi, au bas de l'immeuble, un jeune couple profite de l'obscurité avec perversité, indifférent au charivari des chiens qui hurlent et au scandale des chats qui gémissent dans le noir.
Lilou
dimanche 28 janvier 2018
phrases en cadeau
-L'immense
bateau quitte le port dans la brume, on pense au Hollandais volant.
-Les
volants de la robe de dentelle se soulèvent sous la brise. Elle retient son
chapeau de sa main gantée.
-Au
milieu de nul part se dresse un rocher scintillant, aucune vague ne semble
l'atteindre.
-La
bière coule à flot, les violons se déchaînent.
-La
nuit est noire comme jamais, pas d'étoiles, pas de rayon de lune, le noir.
Huguette
La
nuit est noire comme jamais, pas d'étoiles, pas de rayon de lune, le noir, et
la peur congénitale qu'il en a.
Il
sort, regarde la mer, la devine plutôt.Il sait qu'au milieu de nul part se
dresse un rocher scintillant qu'aucune vague ne semble atteindre. Au loin un
immense bateau quitte le port, il pense au Hollandais volant et sa peur
redouble.
Il
croit apercevoir une silhouette blanche. Les volants d'une robe de dentelle se
soulèvent sous la brise. Elle retient son chapeau de sa main gantée.
Il
délire. Là, la lumière de l'auberge est encore allumée. Il entre. La chaleur le
saisit. La bière coule à flot, les violons se déchaînent. Il entre dans la
danse. Il se sent vivre enfin.
Francine
vendredi 26 janvier 2018
dialogue entre écrivain et lecteur
En rentrant du travail, je regarde Fifi, mon poisson rouge. C'est joli, il tourne, il m'hypnotise, m'apaise, une sorte de thérapie Fifi.
"Que veux tu qu'il fasse d'autre ce pauvre poisson, il s'ennuie, tu te soignes par l'ennui des autres, quelle philosophie!"
" En effet, pour déculpabiliser, je vais en acheter un autre. Ils tourneront dans le même sens, ils se courront après, ce sera encore plus joli! Ils vont bien jouer tous les deux."
" Vous appelez ça jouer, se mettre en file indienne et regarder uniquement la queue de son congénère."
" Vous m'agacez, j'ai besoin de m'apaiser et c'est une histoire entre Fifi et moi , il n'y a pas de place pour vous."
" Ce que j'en dit c 'est simplement pour vous rappeler que les poissons sont des êtres vivants, vous pourriez avoir des ennuis avec les défenseurs de la nature."
" Vous cherchez à me donner des tracas supplémentaires, moi j 'ai besoin de m'apaiser et qu'est ce que vous connaissez de la vie des poissons?"
" Mettez vous à leur place, être enfermés dans un bocal juste pour vous distraire, c'est moyen , non."
"Ce n'est pas une distraction, il s'agit de raconter ma vie de stress et de m'apporter un apaisement, je veux partager mon expérience avec les autres, donner une idée de tranquillité sans médocs."
" Quel rôle vous donnez là à ces pauvres bêtes, pensez à elles."
" Vous m'énervez avec vos remarques, je pense à mes poissons, je les soigne, les nourris, change l'eau."
" Parlons en de l'eau, pleine de javel, ils vont se décolorer, s'intoxiquer!"
" Bon , je vais vous écouter et changer mon histoire, demain je porterai Fifi et son copain à la rivière et je raconterai leur périple vers la mer, la traversée des campagnes et des villes, les rencontres au fil de l'eau, ce sera une autre forme d'apaisement, la tranquillité retrouvée au fil de la vie. Dans le bocal, je ferai pousser des plantes."
" Et voilà que vous recommencez, quelle manie d'enfermer la vie."
" Cette fois ça suffit, taisez vous, c'est mon affaire, je ne vais pas arrêter d'écrire sous prétexte que les mots enferment la vie dans des phrases."
"Que veux tu qu'il fasse d'autre ce pauvre poisson, il s'ennuie, tu te soignes par l'ennui des autres, quelle philosophie!"
" En effet, pour déculpabiliser, je vais en acheter un autre. Ils tourneront dans le même sens, ils se courront après, ce sera encore plus joli! Ils vont bien jouer tous les deux."
" Vous appelez ça jouer, se mettre en file indienne et regarder uniquement la queue de son congénère."
" Vous m'agacez, j'ai besoin de m'apaiser et c'est une histoire entre Fifi et moi , il n'y a pas de place pour vous."
" Ce que j'en dit c 'est simplement pour vous rappeler que les poissons sont des êtres vivants, vous pourriez avoir des ennuis avec les défenseurs de la nature."
" Vous cherchez à me donner des tracas supplémentaires, moi j 'ai besoin de m'apaiser et qu'est ce que vous connaissez de la vie des poissons?"
" Mettez vous à leur place, être enfermés dans un bocal juste pour vous distraire, c'est moyen , non."
"Ce n'est pas une distraction, il s'agit de raconter ma vie de stress et de m'apporter un apaisement, je veux partager mon expérience avec les autres, donner une idée de tranquillité sans médocs."
" Quel rôle vous donnez là à ces pauvres bêtes, pensez à elles."
" Vous m'énervez avec vos remarques, je pense à mes poissons, je les soigne, les nourris, change l'eau."
" Parlons en de l'eau, pleine de javel, ils vont se décolorer, s'intoxiquer!"
" Bon , je vais vous écouter et changer mon histoire, demain je porterai Fifi et son copain à la rivière et je raconterai leur périple vers la mer, la traversée des campagnes et des villes, les rencontres au fil de l'eau, ce sera une autre forme d'apaisement, la tranquillité retrouvée au fil de la vie. Dans le bocal, je ferai pousser des plantes."
" Et voilà que vous recommencez, quelle manie d'enfermer la vie."
" Cette fois ça suffit, taisez vous, c'est mon affaire, je ne vais pas arrêter d'écrire sous prétexte que les mots enferment la vie dans des phrases."
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