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dimanche 25 juin 2017

CRAB

Crab a horreur d'être mouillé. il porte un scaphandre et des palmes jaunes.

Crab est somnambule, enfin c'est ce qu'il fait croire.
Il déambule sous les balcons des femmes, la nuit, les mains tendues mais les yeux mi-clos.

Crab a décidé que les épluchures devaient être incinérées dans une urne en porcelaine de Limoges 
Il appelle ça un hommage à la Terre.

Crab lit tous les jours le journal. C'est toujours le même. Celui qui annonce l'explosion d'Hiroshima. 
Il dit que la vie s'est arrêtée ce jour là.

Crab aime les chiffres surtout les rouges. Il n'aime pas les bleus ni les verts. Il les laisse à sa marchande de fruits.

Crab a des enfants. Il ne s'en souvient plus. Quatre, non trois, il en est sûr.

Crab pense que les moutons de lit seront les trésors de demain. Il les enferme dans son coffre fort en attendant que le cours monte.



Biscuits chinois

Quand la chouette hulule, les souris rentrent.

Les astres brillent plus, quand on les invente.

Ne laisse pas la langueur entraîner ton coeur, il pourrait s'y noyer.

Quand le coucou chante, chacun se retourne.

S'il y a péril dans la demeure, il y a risque dans l'agitation.

Tu n'as pas la langue dans ta poche, je la préfère dans ma bouche.



Conversation

Je ne sais pas si vous connaissez Alix Tirbouchonné. Ce n'est pas son vrai nom. Il s'appelle en fait Alix de la Ferté, le dernier d'une grande lignée. 
Mais il ressemble tellement à un petit cochon qui aurait gardé le même costume pendant 3 jours dans le même train, il ressemble tellement à une pivoine chiffonnée  qui s'étire au petit matin, que je lui ai donné ce surnom.
Je lui parle quelquefois, il m'intrigue.

- Comment allez-vous Alix, pas trop froissé?

- Si ma chère, vous ne pouvez pas savoir, mes pensées sont nouées au fond du tiroir.

-Ne pourriez-vous pas faire un grand ménage de printemps et aérer vos idées noires?

-Oui, j'y ai pensé, mais mes pensées pourraient s'échapper, comme ça, par la fenêtre. Je ne pourrai pas en retrouver d'autres, cela me terrifie.

-Que pensez-vous faire alors?

-Réfléchir, réfléchir, elles vont bien finir par trouver un ordre pour sortir.

-Et avez vous songé à faire de l'exercice, un poirier par exemple, la tête en bas, elles pourraient se renverser, vous pourriez les voir différemment.

-Oui ma chère c'est une bonne idée, mais j'ai trop peur d'abîmer mon costume, c'est qu'il me vient de mon aïeul,je ne voudrais pas qu'il se retourne dans sa tombe...

-Je comprends, vous devriez peut être revenir aux essentiels, l'amour....

-Ah! Je vous interromps , ça fait partie des pensées coincées au fond du tiroir! Je n'y ai plus accès ma chère, j'en suis si désolée!

-Mon pauvre ami, que de contrariétés pour un tiroir bloqué!

-Je l'avoue, je vais rester là à essayer de retrouver la clé. Le temps presse, l'huissier vient saisir mes meubles, je dois vous laisser....

Isabelle













lundi 6 mars 2017

Si Marianne Si

Marianne en avait assez de la France. Elle souhaitait aller vivre ailleurs. Son prénom l'exaspérait. 
Elle s'arrêta devant une agence de voyage, y entra et se mit à lire plusieurs prospectus sur des destinations qui la tentaient bien. Elle avait le choix entre plusieurs moyens de locomotion pour s'y rendre, mais elle s'interrogea tout à coup. Un train pour Londres? Un avion pour Tahiti? Ou une navette spatiale pour la lune?

Elle se décide pour la navette spatiale. Le problème c'est le prix. Elle n'a pas suffisamment d'économie. Foutu patron qui ne paie pas les heures supplémentaires, et la tante Agathe qui l'a rayée de son testament, elle ne sait pas pourquoi.

Elle va tenter un braquage.
Marianne arrache son bonnet phrygien et le remplace par un bas nylon. Elle jette sa cocarde, enfile un imper, sort son Browning de la poche de sa toge et se rue au Crédit Mutuel.
"Haut les mains! C'est un hold-up!" Les employés terrorisés se jettent à terre.
"Mais madame, nous n'avons pas accès aux espèces ici..."
"Ta gueule, viens avec moi!" 

Elle embarque le patron dans un bureau, remet son bonnet phrygien, arrache sa cagoule et se dénude le torse.
"Tu ne me reconnais pas abruti?! Je suis Marianne, la fiancée de la République!"
"Euh.. je ne sais pas, peut être..." hoquette le patron.
"Au nom de la République, tu dois me donner immédiatement le contenu de ton coffre-fort! J'ai de grands projets pour la France, il faut sortir de ce marasme!"

Il ne voulait pas c'est sûr, par un geste réflexe idiot, le patron de la banque déclenche l'alarme.
Aussitôt une sirène épouvantable retentit, toutes les portes se ferment. Marianne, torse nu, regarde hébétée le patron du Crédit Mutuel qui tremble de tous ses membres et urine sous lui en voyant le révolver braqué sur lui. Alors Marianne, bonne fille sourit.
"Voyons, tu as oublié? Je suis la 'République garante des droits et de la Liberté'. Tu ne me paierais pas un verre? Après je te ferai voir la lune..."

samedi 4 mars 2017

Igor et Bianca, rêve d'amour

Igor et Bianca, rêve d'amour

C'est l'histoire d'Igor. Il va comme tous les soirs au bar de L'Empire. Comme tous les soirs, il boit du whisky accoudé au bar. Comme tous les soirs, il regarde la salle de ses grands yeux bleus en repliant ses longues jambes sous un tabouret haut. Il attend le spectacle de french cancan avec impatience. Il aime surtout regarder Bianca, la grande brune au regard de braise. Elle lève la jambe plus haut que les autres et son port de tête est impérial. Il attend, il en est à son troisième whisky.

Il n'aurait pas dû boire autant. Il voit trouble, se frotte les yeux, les ouvre grand, les fait autant que possible sortir de leurs orbites, tant et si bien qu'il finit par ressembler à une langouste. Son coeur tente d' exploser de sa poitrine."Ce  n'est pas vrai, Bianca n'est pas là."

Igor a les yeux révulsés, il est en pleine crise d'épilepsie car en cas de contrariété il se rend malade, Igor."Ma Bianca!Pourquoi me fais tu ça? Pourquoi ton absence ce soir?Alors que c'est ce soir que j'avais quelque chose à te dire , quelque chose de très important, ma Bianca!"

L'ambulance appelée par le patron de l'établissement arrive, les secouristes transportent Igor. Il se débat comme un forcené, le pauvre Igor." Je ne suis pas saoul,je ne suis pas malade, ma Bianca va arriver, vous verrez!"

Igor s'enfuit en courant dans la rue, il regagne sa chambre de bonne, boit et boit encore, s'écroule sur le lit aux draps douteux. Il écrase son visage sur l'oreiller et le nez dans les plumes, il rêve que sa tête est au creux de l'opulente poitrine de Bianca. Elle est à lui Bianca, elle est là pour lui Bianca. Son esprit divague."Demain on sera ensemble au bar de l'Empire...."

mercredi 1 mars 2017

Le terrible secret de Mr Danglebert

Comme à l'accoutumée, Mr Danglebert ferme sa porte à clef, descend l'escalier et va attendre son bus qui le conduira au bureau. Il est en retard, le bus! Mr Danglebert est saisi de panique non pas à cause du travail qui attend dans l'administration de la rue Pic, mais à cause des minutes de liberté qu'il a devant lui.

Etourdi par le sang battant à ses tempes, il bifurque rue Deferre et ses pas le mènent devant la maison de son enfance. Il monte les escaliers, haletant , jusqu'en haut, jusqu'au bout du couloir.

La porte s'ouvre par surprise sur un petit bonhomme bossu, habillé de noir, avec un oeil de verre qui lui dit: "Je t'attendais! Entre, c'est l'heure."

Il entre, les yeux sur l'immense horloge qui trône sur le mur du fond, pris entre la curiosité d'apprendre ce que le petit bossu a à lui dire et la peur de manquer le bus suivant. Le petit bonhomme a sorti d'une vitrine un gros grimoire. Il chausse ses lunettes, regarde Danglebert d'un air sournois et dis: "Tu vas enfin savoir."

Le petit homme dévoile à Danglebert tout ce qu'il y a à savoir sur sa vie passée. Il lui dit aussi ce qui va se arriver parce qu'il a raté son bus. Et enfin, il lui révèle le terrifiant secret de sa vie future: il va mourir! Et quand Danglebert lui demande quand, le petit bossu lui dit: " Personne ne le sait! C'est une certitude, tout vivant finit par mourir un jour. Demain, dans 10 ans, dans 60 ans... Je te conseille de profiter du reste de ta vie et de ne plus te mettre la rate au court bouillon pour un bus raté!"

vendredi 27 janvier 2017

Doléances

1.  - On est toujours mouillé.
2.  - On avale des saloperies.
3.  - On se fait tirer dessus.
4.  - On nous ramasse dans des filets.
5.  - On meurt étouffé par vos plastiques.
6 .  - En plus vous pissez dans la mer.
7.  - Et vous dégazez vos bateaux.
8.  - Vous creusez des forages pour le pétrole.
9.  - Les touristes de vos bateaux nous jettent leurs ordures.
10.  - Et leurs mégots.
11.  - Vous nous balancez même des mobylettes et des caddies.
12.  - Vous ne vous préoccupez pas de ce qu'il y a sous la surface de la mer.
13.  - Alors on bouffe votre merde, on boit votre pisse.
14.  - On vit dans vos poubelles.
15.  - C'est facile, puisqu'on ne crie pas!
16.  - On en a ras l'écaille!!!

dimanche 29 mai 2016

Gaz à tous les étages

Au 3ème étage, la fille enlève sa robe
Au sous-sol, Marcel chausse sa frontale
Au 4ème, il allume les bougies et aère son vin
Au 1er, l'homme ne sait plus ce qu'il doit penser
Au 2ème, elles parlent, elles parlent, elles parlent
Au 4ème, il va choisir sa cravate
Au 3ème, la fille prend une douche
Au sous sol, Marcel renverse un carton plein de cafetières ébréchées
Au 1er, l'homme ne sait toujours pas quoi penser
Au 4ème, il ne met finalement pas de cravate trop guindé
Au 2ème, elles boivent, elles boivent, elles boivent
Au 4ème, il se la joue Brad Pitt devant la glace
Au 3ème, la fille opte pour un tanga noir
Au 1er, l'homme doute, si elle le trompait?
Au 3ème, la fille cherche une robe plongeante
Au 4ème, il cherche son polo harponneur de filles
Au sous-sol, Marcel éclaire avec sa frontale un cafard énorme
Au sous-sol Marcel recule sur une pile de chaises cassées
Au 1er, l'homme ne doute plus, elle le trompe
Au sous-sol, Marcel s'ébroue au milieu des pieds de chaises
Au 2ème, elles dansent, elles dansent, elles dansent
Au 3ème, la fille se contorsionne pour voir son décolleté dans le dos
Au sous-sol, Marcel jure, il a mal, il a cassé sa frontale
Au 4ème, il se trouve trop beau dans son polo
Au 1er, l'homme prend son fusil et décide de monter au 3ème, il doit en avoir le coeur net
Au 3ème, la fille va pour sortir, elle sort
Au 3ème, la fille se retrouve nez à nez avec l'homme et son fusil
Au 2ème, elles s'endorment, elles s'endorment, elles s'endorment
Au 3ème, pan!!! la fille gît dans sa robe trouée, l'homme pleure à genou
Au 4ème, il doute, ce bruit? Non, il ne peut pas savoir!
Au 2ème, elles sont réveillées en sursaut, en sursaut, en sursaut
Au sous-sol, Marcel meurt de peur tout seul dans le noir...
Isabelle Gros

dimanche 11 octobre 2015

Les choses...

Les choses vont de mal en pis
Les gens vont de mal en pis
Les gens sont de pire en pire
Les gens sont de pire en mieux
Les chiens sont de pire en mieux
Les voisins sont les pires envieux
Les oursins sont les pires anxieux
Les oursons sont les poires soucieuses
Les paires soucieuse, ce sont les oursons
l'épais sourcil, arrêtons les oursons

Une paysanne trait sa vache

Oh la vache !
A l'eau la vache !
La vache c'est de l'eau
La vache fait son veau
La vache fait son voeu
Le mouton fait son voeu
Le bouton fait du vieux
Le bourdon fait du mieux
Le bouton fait du vieux
Le vieux bouton fait


samedi 10 octobre 2015

Cadavre exquis ?

Qu'est-ce que le don ?
- C'est comme une fleur fanée.

Qu'est-ce que la recherche ?
- Une mauvaise habitude.

Qu'est-ce qu'un beau pied ?
- C'est le pourquoi du comment.

Qu'est-ce que le grand frisson ?
- Une tombe ouverte.

Qu'est-ce qu'une escapade ?
- Une fuite.

Qu'est-ce qu'une basse cour ?
- C'est une belle herbe bien grasse.

Qu'est-ce qu'une bonne nuit ?
- Une cerise picorée par les moineaux.

Qu'est-ce que la dignité ?
- C'est une grande idée du vide.

Qu'est-ce qu'un escalier ?
- C'est avoir de l'argent.

Qu'est-ce que la vérité ?
- C'est des montagnes russes qui donnent envie de vomir.

Qu'est-ce que le doute ?
- La tristesse incarnée.

Qu'est-ce qu'aimer ?
- C'est la vie.

Qu'est-ce que la joie ?
- Quelqu'un qui a toujours fin.

Qu'est-ce qu'un policier ?
- La jalousie.

Qu'est-ce que résister ?
- Ce qui est perdu, ce qui est gagné, la pourriture sous la Lune…

Qu'est-ce que la faim ?
- C'est pas du boudin.

Qu'est-ce que le bon temps ?
- C'est l'inverse de la procrastination.

Qu'est-ce que la vie ?
- C'est une longue histoire qu'il vaut mieux ne pas évoquer aujourd'hui.

Qu'est-ce qu'un illyssia ?
- La fin du monde.

Qu'est-ce que l'enfance ?
- C'est l'harmonie entre les choses.

Qu'est-ce que la vie ?
- C'est une plume dans un nid.

Qu'est-ce qu'une belle chose ?
- C'est un plaisir.

Pourquoi manger ?
- C'est le beau temps !

Qu'est-ce qu'une trottinette ?
- Quand la bouteille de vin qui ouvre il faut boire.

Qu'est-ce qu'une farandole ?
- Le mistral noir dans le ciel bleu.

Qu'est-ce que le bleu ?
- C'est se documenter.

Qu'est-ce que la réincarnation ?
- C'est comme un chemin vers le ciel !

Qu'est-ce que le manque ?
- Un ogre très poli.

Qu'est-ce qu'un tribunal ?
- C'est un mouton qui rugit sur la voûte céleste.

Qu'est-ce qu'un alcoolique ?
- C'est une couleur profonde.

Qu'est-ce que la vérité ?
- C'est les congés payés.

Qu'est-ce qu'on a besoin dans la vie ?
- Une vaguelette sur une mer d'huile.

Qu'est-ce que le bonheur ?
- C'est un rêve qui soulève les nuages.

Qu'est-ce qu'un bon livre ?
- C'est un rouge cramoisi.

Qu'est-ce que le nirvana ?
- C'est la poursuite des jours.

Qu'est-ce qu'un dégonflé ?
- C'est l'origine de l'univers.

Qu'est-ce qu'un archange ?
- C'est un caribou sorti d'une boîte.

Qu'est-ce que le dimanche ?
- C'est l'attente blottie dans le noir.

Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un œuf à la coque.

Qu'est-ce que vivre paisiblement ?
- Une fourmi paresseuse.

Qu'est-ce qu'un revenant ?
- C'est un jour de fête.

Qu'est-ce que la faim ?
- C'est l'odeur du premier gâteau.

Qu'est-ce que le Père Noël ?
- Un voyage interplanétaire.

Qu'est-ce qu'un éléphant bleu ?
- Des mots, toujours des mots, encore des mots. Que reste-t-il ?

Qu'est-ce qu'une mère poule ?
- C'est un sentier qui se perd et nous conduit vers le vide…

Qu'est-ce qu'une main tendue dans le vide ?
- C'est se perdre dans le noir.

Qu'est-ce que la solidarité ?
- C'est la vérité pure et nue.

Qu'est-ce qu'un fruit mûr ?
- C'est une bulle de savon qui hésite à éclater.

Qu'est-ce qu'un artiste ?
- C'est la nuit quand il n'y a pas de bruit.

Qu'est-ce que la douceur ?
- C'est la vérité qui blesse et qui fait mal.

Qu'est-ce qui me fait aussi peur ?
- Le meilleur moyen d'aller d'un point A à un point B.

Qu'est-ce qu'un sens ?
- C'est un pirate qui joue au Sudoku sur Mars.

Qu'est-ce qui chat écorché ?
- La fureur.

Qu'est-ce qu'un beau regard ?
- Une chaise trouée.

Qu'est-ce qu'un vélo ?
- C'est l'air qu'on respire.

dimanche 19 avril 2015

mercredi 15 avril 2015

samedi 7 mars 2015

jeudi 26 février 2015

dimanche 18 janvier 2015

Affichage Libre



Note à M. le concierge :
Merci de ne pas laisser entrer Roswitha Rodowski-Putchaya, comme ça elle ne me saoule pas ! (C'est la folle qui fait que crier : "La tante Rosie est là !") Mille fois merci.
J. Rodowski-Putchaya


Nous informons pour les personnes intéressées de l'immeuble qu'une course de cafards aura lieu dans le hall le 31 décembre de cette année avant leur extermination.


Note à tous les voisins :
Il serait aimable de ne pas soulever notre paillasson, nos clefs d'appartement sont dessous.
Cordialement, famille Rodowski-Putchaya.


INTERDICTION DE SE LAVER LA NUIT !


Suite à la plainte de plusieurs propriétaires de l'immeubles, nous demandons aux personnes du 8ème étage de déposer leurs ustensiles de cuisine dans les caves.

Donne vieux
  vélo
Besoin de place
ds ma cave
> Je fais pas de
>       vélo

Habitants de l'immeuble :

Nous vous rappelons que le
  Hall n'est pas un lieu
  d'affichage public.
   Vos annonces seront
   enlevées dès demain
  et toute récidive sera
      sanctionnée.
        Le SYNDIC

Chers voisins,

donne jardinière
et plantes -
Si interessé,
tel au 06.81.09.33.50
> Suis pas intéressé par
> les plantes, ni par la jardinière
> mais xxxxxx besoin de
> chaleur humaine… Je garde
>    ton 06 !

 Cause de

déménagement
  vend canapé
       armoire
       lit
       frigo

Cherche

 appartement
  meublé !
Appelez moi !


Je connais une agence pour changer de prénom si vous êtes intéressée.


A quand l'apéro vodka caviar?

Les contempteurs de la culture russe sont invités à déposer leur préavis de départ. Bien cordialement
Boris Zourlineff
:
Eventuellement je serai intéressée par des cours de russe, contacter Mathilde Zimmerman au 4éme étage


Les répétitions, c'est le matin jusqu'à 11h. s.v.p.

     Moi le matin je dors!

Le créneau est étroit, on va essayer la nuit!


Demain , sur la place publique, autodafé des livres russes!

vendredi 26 décembre 2014

Les petits papiers

VITE 
AMOUR PROPRE
JAMAIS FINI

       nous arriverons
       sur une
       planète déserte
       où tout sera à faire
j'aime le
chocolat et
.toi
Ecrire, taper au kilo-
mètre, sans s'arrêter,
ne pas souffler, ne pas
se retourner, aller de
l'avant, d'un mot à
l'autre,
d'un
rêve                                                         Un tout petit
                                                                poisson rouge
                                                                pétille de mille
                                                                petits  pets qui
                                                                pépitent pétillants,
                                                                petites bulles percées
                                                                en milliard de gouttes
                                                                perlées.
L'Espagne affolan
te. Le Torrero est 
mort. La danseuse
tourne les castagnettes
.chantent le bolero
Rouge lune Sang
pleurs Noir Bleuté
exactement
c'est cela .
tu as raison
                                Veux tu danser

Mandibule
Bulle de
savon
von
von
von

Pauvre petit carré un peu tordu pas une réussite mais ce n'est pas grave il dessine malgré tout une
surface vide à remplir peut-être     mais c'est beau le vide








dimanche 16 novembre 2014

Changeons Marseille !

Enquête citoyenne :

Pourquoi ne pas prévoir une autorisation gratuite de parking selon sa plaque d'immatriculation ?

Pourquoi les poubelles en forme de bouche ne souriraient pas et ne remercieraient pas les passants qui prendraient soin de les nourrir ?

Pourquoi le stade n'ouvrirait pas ses portes gratuitement pour donner à manger aux SDF dans un délire entretenu lors de la victoire de l'OM ?

Et si un karaoké géant voyait le jour tous les samedi soirs sur le Vieux port ?

Êtes-vous favorable à l'introduction de la semaine des cinq jeudis uniquement à Marseille ?

Ne trouvez-vous pas indispensable qu'il faille définitivement majorer le cotient de réduction de la classe B pour les fonctionnaires marseillais bénéficiant déjà de la prime de reclassement productif ?

Êtes-vous favorable à la mise en vacance provisoire ou définitive de la série Plus belle la vie ?

Êtes-vous favorable à la suppression des portails électriques et par leur remplacement par rien du tout ?

Trouvez-vous que les syndics de copropriété ne gagne pas assez d'argent ?

Êtes-vous favorable à la mise en place d'une taxe d'exposition au soleil qui prendrait en charge la construction de parasol et d'endroits dans les entreprises propices à la sieste l'après-midi ?

Êtes-vous favorable à la construction d'un pont au-dessus de la mer reliant les Catalans au Roy d'Espagne ?

Êtes-vous favorable à une police municipale de proximité qui verbaliserait tous les véhicules garés en double file ?

Êtes-vous d'accord pour que les fonds ainsi récoltés soient reversés à l'AIL Sainte Anne ?

Êtes-vous pour un relooking du David ? Et son changement de tenue mensuel ?

Que pensez-vous d'une proposition de potager ou de jardin partagé sur la pelouse du Stade Vélodrome ?

Que pensez-vous de l'installation d'un système de chauffage collectif de ville par combustion de méthane dégagé par les animaux domestiques ?

Êtes-vous pour ou contre la coloration en vert de l'eau de mer sur la Corniche pour obtenir le label de "Ville verte, ville fleurie" ?

Faut-il enlever la statue de la Bonne Mère et la faire fondre afin que Marseille ait plus d'argent ?

Êtes-vous favorable à l'aménagement de voies spécialement réservées aux deux-roues ?

Êtes-vous satisfait de la mentalité marseillaise et de l'image que renvoie Marseille en son extérieur ?

Êtes-vous favorable à l'importation de girafes en centre-ville à titre de curiosités ?

Que pensez-vous de réaménager les entrepôts des docks en site de protection des rats ?

Trouvez-vous que Marseille à assez d'espaces verts ?

Êtes-vous favorable à la destruction du Parc Borély pour y construire des gratte-ciels ?

Que pensez-vous d'agrandir notre ville par des plateformes artificielles sur l'eau ?

Voulez-vous que Marseille devienne un état indépendant avec son propre gouvernement ?

Que pensez-vous de reconvertir les Calanques en déchèterie publique ?

Ne croyez-vous pas que cela serait intéressant de développer l'industrie de la vente des rats en boucherie ?

Que pensez-vous de créer une banlieue d'habitation sur arbre ?

Aimeriez-vous disposer du numéro personnel de M. le Maire, afin de pouvoir lui faire directement part de vos griefs ?

À quelle date souhaiteriez-vous que soit lancée la prochaine expédition punitive vers Aix ? Y participerez-vous ?

Êtes-vous pour ou contre la distribution gratuite de cailloux dans les gradins du Stade Vélodrome lors des matchs OM-PSG ? OM-OL ?

Êtes-vous pour ou contre équiper tous les bus de pare-buffles afin d'en finir avec ces abrutis en scooter ?

mardi 17 décembre 2013

L'aveu


Amour te souviens-tu de cette belle nuit d’été
Tu m’avais dit « ce soir, nous nous enivrerons »
A la chaleur si douce, tu avais ajouté
Un anneau de Moebius, un peu d’éternité
Le rosé était frais, et nous nous enivrons
Les étoiles palpitent, sourient, attendent
Quelques lignes d’un livre que tu m’avais donné
Et qui disaient l’histoire d’eux qui se sont aimés
Pourtant, tu es parti mais là au bout des doigts
La chaleur de ta nuque s’attarde au creux de moi
L’anneau de Moebius jaune pissenlit et blanc
Est toujours dans mon sac pour un prochain tourment
Car, sans te l’avouer, je me l’étais promis
Si je me réveillais, un soir, nous rejouerions
Nos mains cherchant les mots, nos peaux la mélodie
Nous trouverions la note bleue, l’accord parfait
Avec toi seul l’instant a goût d’éternité
Mais souvent, aujourd’hui, épuisée, en silence
Je caresse l’enfant de cet instant magique
Enfant qui ne fut pas et ne sera jamais
Il est joli et frais, à l’abri du tragique
Un fruit acide et doux du destin capricieux
Qui a dit : «  jamais plus » et qui sourit : « trop tard »
Pour la rime à l’aveu j’ajoute : « désespoir »


mercredi 20 novembre 2013

Dans ma rue

Dans ma rue d’abord il y a un mur
Tu vois c’est mal parti
C’est comme qui dirait fini
Parce que ma rue, c’est une impasse

Dans ma rue il y a des voitures
Bien rangées, bien serrées
Il y a aussi des chats
Et pour eux, des oiseaux

Dans ma rue y a la nature
Qui crève le bitume
Le jaune obstiné du pissenlit
Au printemps le rose, le jaune, le pourpre
Des mufliers rescapés
En automne, aujourd’hui, le parfum sucré du nèflier

Dans ma rue il y a aussi un cyprès
Pour mon chat écureuil
Et puis pour dire le printemps
Il y a même un amandier
Qui sème au vent ses papillons blancs

Dans ma rue il y a une fille
Qui fume seule à son balcon
En regardant sa rue
Et puis il y a un chien
Qui  tient en laisse mon voisin

Dans ma rue y a pas d’enfants
Y a pas beaucoup de gens
Normal
Ma rue c’est une impasse
Qui a envie de se prendre un mur ?

Dans ma rue
Qui n’est pas ma rue
Il y a aussi une porte
Quand vous viendrez
Vous n’aurez qu’à sonner

Parce que c'est un homme

Il aura fallu ce 11 novembre 2013 pour que me revienne le souvenir de toi.
Je l’ai pourtant bien connu. Il était cet homme de peu de mots,  cet homme si effacé, qui tenait si peu de place que sa vie n’a presque pas laissé de trace.
Le 11 novembre 1918 il devait avoir 20 ans et il avait survécu. Il avait pu connaître la fin du massacre. Pas de gloire pour les survivants.
Moi, je me souviens de ce jour au cœur de l’hiver 1917. Le ciel est bas, le froid impitoyable. Aucun oiseau ne chante plus. Il sort de la tranchée tout habillé de boue et de vermine. C’est son tour. Il doit aller chercher de l’eau vingt mètres plus loin. Vingt mètres de terreur, de boue, de sang c’est très loin. Des racines serrent ses godillots béants, la peur lui tord le ventre, ses bidons vides sont lourds. Enfin voilà le chant de l’eau qui court. Bientôt il y sera à cette source d’eau miraculeusement claire et vive à l’orée de cette forêt nue. A la source il a vu une silhouette. A la forme du casque il a su que c’était l’ennemi, comme lui armé, comme lui terrifié, comme lui obligé, bon à tuer. Envie de se coucher, de poser ses bidons. Il fait un pas de plus, il s’arrache de la boue encore un pas de plus. Il voit le visage de l’homme, il y lit sa mort. Mourir ce jour de noël. Oui, ça va se passer comme ça. Lequel des deux a, le premier, levé la main et souri. Il ne savait plus bien mais moi je sais que c’était lui. Ce grand père qui ne m’a pas donné son sang mais simplement son amour quotidien.

lundi 18 novembre 2013

Peur :

Monstre glacé visqueux et mou qui fige le cœur ou l’accélère, il brûle, il paralyse la pensée et inhibe l’action. Le corps devient lourd. Ce monstre crée le danger si nous n’y prenons garde. Sans doute notre corps a-t-il gardé la mémoire d’une première terreur.
Il nageait, léger, balancé dans une pénombre tiède, pleine de murmures. Brusquement, dans des hurlements le voilà jeté dans une lumière froide et crue, il est lourd, dans un déchirement les poumons se déplient sous la pression d’un élément inconnu : l’air, c’est un autre commencement, l’apprentissage de la douleur.