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dimanche 26 mars 2017

L'absence


Il n’y a plus rien,
ni vaisselle séchant à coté de l’évier,
ni verre à pied dans le bahut,
ni courrier sur le plan de travail.

Pas de farine, pas de miettes,
pas de couteau à pain,
plus d’odeur de levain,
Il n’y a rien.

Pas de tarte dans le four,
pas de radio, pas de chansons, pas de bruit
Pas de cris, pas de rires.
Il n’y a personne.

Dans la chambre, plus de parfum,
dans le lit, plus de chaleur,
plus de fleurs dans les vases,
et plus de vases… de toute façon.

Restent le valet
et sa veste
qui attend.

dimanche 12 avril 2015

lundi 30 mars 2015

Merci !

Merci la vie, de m'avoir fait bien portante, deux bras, deux jambes, deux poumons pour respirer, tout fonctionne bien, merci !
Merci la vie, d'avoir fait de moi ce que je suis, des épreuves, des difficultés et aussi des moments de bonheur pour continuer à avancer, l'instinct de survie, l'envie d'en savoir plus.
Merci pour tout, le bon et le mauvais. Merci à ma mère pour les repères, Merci à mon père pour les ouvertures, Merci à la famille bancale et présente, Merci aux amis fidèles. Merci à la vie, à la chance, aux bonnes étoiles qui m'accompagnent. Merci pour cette chance d'être en vie.

Portraits

La femme qui voit flou

Ne vous vexez pas si je passe près de vous sans vous accorder un regard, sans vous reconnaitre. Ne cherchez pas à lire dans mes yeux un signe, une connivence, n'essayez pas d'attirer mon regard... C'est inutile, je suis la femme qui voit flou.
Myope comme une taupe... ça a l'air triste, ça pourrait être gênant, mais finalement, ça ne l'est pas. Le monde est bien plus beau ainsi. Enfoui dans une brume évanescente, je ne vois plus les méchancetés, les mesquineries, les petitesses qui m'entourent. Je ne vois plus que des formes, rondes, douces et des couleurs. Et alors, je recrée un univers : j'y mets ce que je veux et j'y fais entrer qui je veux. J'y vois flou et ça me plait !


La femme sommeil

Toujours alanguie, elle baille à s'en décrocher la mâchoire, elle rêve puis s'étire en soupirant, c'est la femme sommeil. Elle parle doucement, lentement, ses paroles arrivent à vos oreilles et glissent, entrent dans votre cerveau, vous susurre des mots tendres, vous chante de langoureuses mélodies, pour vous bercer et vous emmener ... jusque dans son lit.

L'homme perdu

L'homme perdu cherche une place. Il ne sais pas où il est, où il veut aller, quelle voie emprunter, il rebrousse chemin, prend l'autre direction... Il a du mal à trouver un endroit où poser ses valises... Il n'a pas compris qu'il peut arrêter de chercher... Peu importe où il se trouve car il est arrivé.

Tiroirs secrets

Dans le tiroir secret de mon boucher, il y a un agneau, celui qu'il n'a pas eu le cœur de tuer.

Dans le tiroir secret de ma grand-mère, il y a son passeport, avec son véritable prénom, celui qu'elle n'a jamais prononcé et que personne ne connait.

Dans le tiroir secret de ma sœur, il y a le paquet de cigarettes, emprunté au voisin, celui qui la drague, un paquet de chewing-gum, piqué chez le marchand, une carte postale de notre père parti pour une île, perdue dans la mer des Caraïbes, et quelques billets, le début de la fortune, celle qui permettra de nous payer un biller aller pour le retrouver.

Dans le tiroir secret de la voisine de palier, il y a une photo de mon père.

Dans le tiroir secret de la star de cinéma, il y a des crèmes de jour, des crèmes de nuit, des sérums de beauté, des venins de serpents, des potions plus ou moins magiques, des pilules, des poudres de riz et autres, des lotions raffermissantes, tonifiantes, rafraichissantes, et le pacte, pour vendre son âme au diable, qu'elle hésite à signer.

samedi 14 février 2015

Blablabla ...


Se lever, respirer,
Fermer les yeux, sentir, Relâcher
Lâcher prise, faire entrer l'air,
Aérer, ouvrir
les yeux, l'esprit, le cœur,
Décloisonner
Faire tomber les murs,
Ne plus en construire
Oser - Vivre

dimanche 18 janvier 2015

Les petits papiers du mardi soir

Le mardi soir, les bulles de savon pétillent et s'affolent. Tant de créativité, chaque semaine renouvelée. Autour de la table, s'affairer. Chacun dans sa bulle, chacun dans son rêve, tous unis autour de l'amour des mots et des images à partager. J'aime le chocolat et toi. J'aime toi, j'aime nos lignes manuscrites, j'aime le vide qui ne fait même pas peur, qui remplit les cœurs d'eau de poésie. Nos couleurs, nos univers dessinent tous les mardis une planète nébuleuse aux contours imprécis et bouillonnante de vie. La mort, la danse, les voyages, les envies tournent et nous enivrent, les bulles de savon pétillent, les bulles de champagne aussi.

Elle se reconnaîtra ... peut-être

(Présentation croisée)


Jusqu'à il y a peu, elle travaillait pour une compagnie d'assurances ou de mutuelle, enfin quelque chose dans ce goût là, à vrai dire, peu importe, car elle n'y  travaille plus et c'est très bien comme ça ! Certains de ses anciens collègues lui ont demandé si elle n'avait pas peur de se retrouver sans travail, si elle n'allait pas s'ennuyer... mais enfin ! quelle question ! Des petites étoiles dans les yeux, elle vous répondra dans un doux sourire, que non, elle ne s'ennuie pas le moins du monde, et qu'elle a des tas de choses à faire et du temps à passer loin de ce travail, où de toute façon ça n'allait plus. Et les activités, ce n'est pas ce qui manque.
Des choses simples, quotidiennes, des petites choses de rien du tout mais qui font du bien.
Tout d'abord, au lever du jour, commencer la journée par deux ou trois grandes tasses de café noir, accompagnées par les premières cigarettes de la journée. Dans le même temps, pour réveiller en douceur les neurones, jouer à des jeux de mots ou autres mots croisés, essayez donc Wordox et Fundox pour voir, si vous en avez la curiosité !
Puis elle sort, pour se dégourdir les jambes, faire un peu d'exercice, s'aérer, par plaisir ou pour se donner bonne conscience (probablement un peu des deux), elle s'oblige à sortir chaque matin. Quand il fait beau, elle va à pied jusqu'à la plage. Regarder la mer, profiter du calme, du soleil, prendre un peu de temps pour lire dans ce cadre exceptionnel... jusqu'à ce que la foule bruyante de jeunes et de familles la tirent de sa rêverie et lui donne le signal du départ. ca ne fait rien, le soleil devient à ces heures-ci un peu plus chaud et elle n'aime pas trop lézarder au soleil. Tranquillement, elle rentre et retrouve la douce quiétude de sa maison.

vendredi 26 décembre 2014

Un invité douteux

Quand mon cousin m'a demandé de l'héberger, je n'ai pas pu lui refuser.
Il est arrivé un soir à onze heure, avec deux sacs à dos,
trois valises et un fil à couper le beurre.
Il s'est installé, peinard, dans le canapé et m'a demandé de lui faire à manger.
Puis il a pris une douche et m'a embrassé sur la bouche,
avant d'aller dormir dans mon lit, me laissant le salon pour y passer la nuit.
Il ne travaille pas et fume toute la journée, vide le frigo et, sympa, m'attend pour dîner.
C'est un grand philosophe et fait part de ses trouvailles, 
ses pieds sentent la rose et il connait le braille.
Depuis dix mois déjà il est à la maison, il reste encore un peu : il apprend le violon.
Mon mari est parti, me disant "Chérie, c'est moi ou lui ! "
Je ne sais plus où j'en suis, et je pleure et je ris.

dimanche 16 novembre 2014

Lettre de moi à moi ...

Cher moi, 

Tu verras, un jour du mois de Novembre 2014, le 11 exactement, tu recevras cette lettre. 
C'est moi (ou toi ou nous) alors gamine de moi de 12 ans qui te l'écrit à toi (ou moi ou nous).
Je dis moins de 12 ans, parce que franchement entre 3 et 12 ans, tous les souvenirs se mélangent, je ne sais pas quel âge j'ai... 
Je sais seulement que je suis suffisamment grande pour aller de la maison familiale à celle de Papy et Mamy, seule, à pied, à dix minutes de là en passant par la petite route qui longe le cimetière et en faisant attention aux voitures, mais il n'y en a pas beaucoup. Il n'y a d'ailleurs pas beaucoup de risques, ni de dangers, ni de problèmes.
En passant devant le portail d'une grande maison, je vois une enveloppe qui dépasse de la boîte aux lettres. Je ne sais pas pourquoi, d'instinct, sans réfléchir, je prends cette lettre. J'ai l'impression qu'elle m'attendait, qu'elle était là pour moi et qu'elle m’appelait. J'ouvre l'enveloppe et je trouve en guise de lettre un plan, une direction et des indications pour trouver mon chemin. Toujours écouter ta petite voix intérieure, faire ce que tu penses être juste et ne pas trop te préoccuper du reste. Pour rester le plus possible paisible, tranquille, sereine sur ce chemin qui mène on ne sait où, mais devant.

3ème étage, sur cour

Il y a au troisième étage, dans l'appartement de vingt-cinq mètres carré, donnant sur cour, un jeune homme de trente-cinq ans. Il a un grand chien. Un bâtard énorme, grand, massif, de couleur grise et très gentil. Je crois qu'il s'appelle Bouba. Le chien pas le maître. Le maître, je ne sais pas comment il s'appelle. Dans ce petit appartement vivent donc un chien et son maître. Le chien a trouvé sa place, près de la grande fenêtre donnant sur la cour et il passe une grande partie de la journée à dormir. Le maître aussi.
En face de la place du chien, le jeune homme a mis son lit. Il s'agit d'un clic-clac et bien que ça prenne beaucoup de place, il ne referme jamais le clic-clac et ne fait jamais son lit. A quoi cela servirait-il ? Il est dans son lit une bonne partie de la journée...
A côté du lit, il a installé un atelier : une table inclinée, une bâche au sol et sur le mur et des toiles un peu partout. Il peint.

Etat Civil

Père : un arbre
Mère : une chanson
Lieu de Naissance : leur lit
Date : époque patte d'éph
École : la ville bruyante, active, dense
Domicile : chez les autres
Métier : régulier
Religion : celle qui réconcilierait toutes les autres
Loisir : vagabondage de la pensée
Signe particulier : propension à l'oubli

mercredi 5 novembre 2014

La meilleure amie d'Adrien

Je me souviens...
Je me souviens d'Adrien,
je me souviens de notre première rencontre, et du temps béni où nous étions ensemble tous les jours, je me souviens de toutes les heures passées ensemble, de tout ce bonheur partagé... que tout cela est doux, que tout cela est resté beau dans mes souvenirs.
La première fois que je l'ai vu... quelle émotion ! J'étais chez le marchand de cycles, en ville, en train d'attendre je ne sais quoi, quand, dans l'allée centrale, quelque chose d'extraordinaire s'est produit... Adrien a posé son regard sur moi, son visage s'est illuminé, il me semble qu'il a murmuré quelque chose, je ne sais pas exactement ce qu'il a dit, peut-être a-t-il dit : « C'est elle ! C'est elle et aucune autre que je veux !» en tous les cas, même si ses lèvres ne l'ont pas dit, je suis certaine que ces yeux l'ont pensé et avant même que j'ai pu comprendre ce qu'il venait de se passer, il m'avait entraîné à l’extérieur, nous nous sommes retrouvés dans la rue, lui surexcité, moi perdue et pendue à son bras et... il m'a tout de suite ramenée chez lui !

J'étais bouleversée, émue, abasourdie par tant de précipitation et également flattée par cet empressement … je ne sais pas pourquoi, mais le fait est : il m'avait choisie, moi ! Parmi tant d'autres, c'est sur moi que son regard et ses mains se sont posés, c'est moi qui allait l'accompagner pour les années à venir. 
Et je n'en reviens toujours pas, lui si beau, si sportif, si élégant... Moi aussi, j'étais belle à l'époque, enfin belle... Disons que j'étais du style hyper bien roulée, une belle carrosserie, quoi... sans me vanter bien sûr...
Ce fut le début d'une histoire magnifique. Chaque jour, une surprise m'attendait, il ne se passait pas une journée sans qu'Adrien porte une attention à mon égard, il prenait soin de moi, il prenait le temps de me caresser, me lustrer, il ne lassait pas de moi, il me regardait et admirait mes courbes... oui, il était fier de moi, en fait, il adorait m'exhiber...! Son côté méditerranéen sans doute... Quand on sortait, il faisait attention à mon allure, il voulait que je sois parfaite. Lui aussi soignait son apparence : il se redressait, se grandissait, rentrait un peu plus le ventre, bombait un peu plus le torse et je savais bien que son air détaché, il mourrait d'envie de montrer quelle jolie paire on faisait... Il vérifiait à la dérobée si les passants nous regardaient, si je faisais de l'effet, si on se retournait sur notre passage... et effectivement, lui comme moi, nous faisions notre petit effet.

Mais ce n'est pas ce qui m'amusait le plus. Moi, ce que je préférais c’était nos promenades, juste tous les deux. C'était il y a bien longtemps, mais je me souviens parfaitement des sentiers qu'on a exploré ensemble. Lui et moi, ne faisant qu'un, sur le chemin qui partait vers la foret, lui sur moi, derrière la maison du voisin, d'autres fois, moi à son bras, le long de la promenade au bord de mer... Le dimanche matin, nous descendions rapidement au village, pour faire les courses, on sortait alors sans même se préparer, lui à peine coiffé, moi à peine réveillée pour aller chercher le pain frais du matin, quignon à croquer à pleines dents...
A cette époque, je ne sais pas si je peux en parler ici, mais... enfin... Il s'occupait bien de moi. Il me reluquait sous tous les angles, m'enduisait de graisse, passait ses mains partout, n'oubliait aucun recoins, il m'astiquait gentiment, tranquillement, il faisait ça très minutieusement, parfois il passait tant de temps à me caresser qu'il finissait par s'en faire mal aux mains, puis tout à coup, il m'enfourchait. ...Il m'en a fait voir et m'en a fait ressortir des choses, il m'a fait tourner la tête et je peux dire qu'avec lui j'ai perdu les pédales plus d'une fois... Enfin... c'était il y a bien longtemps... D'années en années, mon bel Adrien a vieilli, moi aussi, il s'est éloigné de moi, petit à petit, insensiblement, il ne me montait plus qu'une fois tous les quinze jours, puis une fois par mois à peine, pour finalement ne plus me chevaucher du tout... Aujourd’hui, il me laisse prendre la poussière, il m'a oublié, et me voilà, moi, sa plus chère amie, Lorette, sa bicyclette, je m'ennuie seule à la cave. 
Malgré tout, je ne lui en veux pas... je l'aime toujours autant et j'ai, pour me réchauffer, le film de nos merveilleux souvenirs que je repasse en boucle.

dimanche 2 novembre 2014

Un autre jour (toujours à la maniere de Charles Pennequin)

Un jour, elle va au cinéma pour voir des films à l'eau de rose,
Un jour, elle se réveille de mauvaise humeur,
Un jour, elle aime sa famille telle qu'elle est, toute entière, imparfaite et attachante,
Un jour, son père la prend dans ses bras et lui dit qu'il l'aime,
Un jour, elle part vivre dix longues années à Paris,
Un jour, elle oublie toujours quelque chose,
Un jour, elle adopte un chat,
Un jour, elle est plein de griffures sur les mains,
Un jour, elle aime boire du thé chaud,
Un jour, elle gifle son frère qui avait poussé le bouchon un peu trop loin,
Un jour, elle s'en veut d'être colérique,
Un jour, elle va rendre visite à ceux qui lui manquent,
Un jour, elle danse jusqu'à pas d'heure,
Un jour, elle dit qu'elle changera.

Un jour ... à la manière de Charles Pennequin

Un jour, elle rempote toutes les plantes du balcon,
Un jour, elle fume trop,
Un jour, elle dit un secret à sa soeur en disant bien de ne rien répéter à personne,
Un jour, elle oublie un mégot et manque de foutre le feu à la baraque,
Un jour, elle achète des huitres, une douzaine, juste pour elle parce qu'elle adore ça,
Un jour, elle appelle sa fille tous les soirs pour prendre ses nouvelles,
Un jour, elle se sépare de son mari,
Un jour, elle retrouve ses copines sur le banc,
Un jour, elle sort son nécessaire à couture pour faire les ourlets des pantalons de son fils,
Un jour, elle se dispute pour longtemps avec sa fille,
Un jour, elle est très malade,
Un jour, elle aime danser.