mercredi 6 mai 2020

Projets


Ils sont allongés dans l'herbe, serrés l'un contre l'autre, sous la nuit étoilée. La semaine prochaine ils seront mariés. Et une fois de plus ils rêvent, ils construisent leur vie future.

Tous les deux étaient enfants uniques, et pour leur famille ils veulent des gosses, plein de gosses, au moins six, peut-être dix, pourquoi pas? Les autres ont beau dire qu'ils sont fous, ils réaliseront leur rêve. Et quand les six, ou les dix, seront là, il faudra s'organiser. Il n'est pas trop tôt pour prévoir.

Une grande maison à la campagne, ils l'ont déjà, elle a hérité de sa grand-tante. Un minibus pour transporter tout le monde, l'école sera à quelques kilomètres. Et puis il y aura les dimanches, les vacances. Ils les imaginent être tous ensemble, faire bloc. Et accueillir aussi, les copains, leurs parents, être parfois une trentaine dans le grand pré.

Dès leur plus jeune age les ainés auront appris à s'occuper des suivants, à les aider dans leur vie quotidienne, toilette, habillage. Ils voient les enfants de huit, dix ans donnant la becquée aux derniers nés.

Le dernier né, justement, cela les soucie beaucoup, car celui-là, quoiqu'on puisse faire, sera toujours un peu enfant unique. S'ils avaient la chance de clôturer la famille par des jumeaux... ce serait bien, des jumeaux.

Ils sont étendus dans la nuit sur le pré, leurs pensées s'envolent. Ils se blottissent l'un contre l'autre, encore plus fort, pour que leurs rêves deviennent la vie, un débordement de vie.

Retour sur une semaine en points de suspension


 
Mardi, j'ai pris le téléphone, composé le numéro, et oui, elle était là, dans sa chambre d'EHPAD, j'ai entendu sa voix et une bouffée de joie m'a envahie. Ma tante, quatre-vingt quinze ans, complètement guérie du coronavirus et sortie de l'isolement après un mois de maladie...

Lundi, l'ordinateur, ah l'ordinateur! Comment faisaient-ils, avant, les isolés? J'y vais, j'y cours, dix fois par jour, regarder mes mails et vidéos, répondre, partager, découvrir les textes de mes amies écrivaines. Je les sens là, près de moi…
 
Dimanche, le week-end a duré trois jours. Je ne fais rien d'autre la semaine que le week-end en ce moment, et pourtant ça me parait long, plus long...

Samedi, reçu photo de ma petite fille avec le masque qu'elle s'est fabriqué, original, presque style haute couture! Elle m'en promet un, même s'il m''ira moins bien qu'à elle...

Vendredi, 1er Mai. Pas de défilé, pas de cortèges, pas de pancartes aux fenêtres chez moi ni dans mon quartier, ici on est un peu chez les riches. Je n'ai pas eu le courage d'en faire une, pas le courage de la fabriquer, pas le courage de m'exposer au regard des voisins...

Jeudi, on parle de plus en plus de la rentrée, on polémique aux infos. Ma fille ne la fera pas, il y a peut être du virus tapis dans les classes de son école, mais il y a surtout une épaisse couche de poussière d'amiante dans la cour de récréation. La période de confinement a été choisie pour détruire les immeubles insalubres voisins. Ce ne sera pas fini pour le retour des élèves, et pas question d'arrêter les travaux jusqu'aux vacances, le temps est précieux, la mairie l'a dit, et un peu d'amiante dans des poumons de quatre ans, après-tout...

Mercredi, la télé, c'est bon aussi la télé. S'écrouler devant une série à la noix et oublier tout le reste une heure ou deux...

 

mardi 5 mai 2020

Elle et lui (à l’imparfait)

Tous les soirs, il pensait au tour de clefs dans la serrure de l’atelier, au regard dépité des ouvriers.

Elle revoyait en boucle la consternation et la peur des parents devant l’affiche collée sur le portail.

Il pensait à ses employés, comment allaient-ils occuper leurs précieuses mains sans le bois, la peinture, le papier.

Elle enregistrait des comptines pour les petits. Aucune saveur sans les yeux pétillants des enfants.

Il se demandait de quoi ils allaient vivre sans leurs salaires ? Le chômage technique, il dut se plonger dans les papiers, ils comptaient sur lui. Lui il avait Claudine, employée de l’état.

Elle avait les chansons dans la tête, elle avait peur, la douceur des mains dans les rondes s’estompaient. Avec le gel… 

 Il rangeait les projets abandonnés pour le décor du « Hollandais volant ». Il voyait les bateaux avancer. Il était en colère. « L’opéra, c’est pas dans la tête, c’est pas dans une boite, c’est vivant, des chanteurs , des spectateurs, des applaudissements… C’est concret. »

Elle pensait à ses élèves, certains enfermés dans des petits appartements. « Ils auraient pu laisser les parcs ouverts… »

Il râlait après la commercialisation de la culture. Il maudissait l’incontournable argent.

Elle essayait d’être optimiste. Le monde d’après sera peut-être meilleur. On ira à l’essentiel.

Il était persuadé que la culture était essentielle, « c’est elle qui reste à travers le temps. Les politiques ont les oublie, les épidémies aussi mais les walkyries,wottan… »

Elle se disait qu’on allait reconnaitre les travailleurs de l’ombre, qu’ils allaient pouvoir vivre dignement.

Il cherchait comment faire rentrer les sous, il songeait à l’achat des matériaux, aux cachets des chanteurs…inévitable la trésorerie.

Il ne pouvait pas renoncer, il avait dans la tête les décors de « L’or du Rhin » qui étaient commencés. « Dans la tête, ça ne coûte rien… »

Elle se disait que les mouvements sociaux allaient reprendre.

Il entendait la voix de Siegfried, « cette voix qui remplit l’espace et vous pénètre tout entier. Les disques ce n’est pas pareil. »

Elle rêvait d’un monde meilleur mais se demandait si elle allait voter. « Le monde ne tourne pas comme ça. »

Il continuait à dessiner toutes sortes de scénographies pour plus tard, peut-être. Il recherchait des esquisses de 1850. 

Il pensait aux spectateurs frustrés qui regardaient des vidéos pour se consoler. Quelle tristesse !

Il en avait assez de se lavage des mains partout, il aimait se salir les mains lui, dans la matière et les machines.

Il ne voulait pas de masques, il ne jouait pas dans la comédia del arte.

Il attendait la générale. Il voulait serrer la main du chef d’orchestre devant le grand mur romain. Il avait invité ses employés. Repoussée, il fulminait.

Elle chantait encore : « Trois petits lapins… », elle ne finissait pas, ça ne rimait à rien sans les jeux de mains.

Le soir, il ne regardait plus la télévision, il admirait Vénus. « La petite musique de nuit » ne vaut pas « Le crépuscule des Dieux » mais en attendant…
Elle fredonnait : « Au clair de la lune… », elle l’embrassait dans le cou.

Ces deux- là, ils s’étaient toujours rencontrés dans les étoiles, le covid n’allait pas changer ça.









Elle et lui

Tous les soirs, il pense au tour de clefs dans la serrure de l’atelier, au regard dépité des ouvriers.

Elle revoit en boucle la consternation et la peur des parents devant l’affiche collée sur le portail.

Il pense à ses employés, comment vont-ils occuper leurs précieuses mains sans le bois, la peinture, le papier.

Elle enregistre des comptines pour les petits. Aucune saveur sans les yeux pétillants des enfants.

Il se demande de quoi ils vont vivre sans leurs salaires ? Le chômage technique, il doit se plonger dans les papiers, ils comptent sur lui. Lui il a Claudine, employée de l’état.

Elle a les chansons dans la tête, elle a peur que la douceur des mains dans les rondes s’estompe. Avec le gel… 

 Il range les projets abandonnés pour le décor du « Hollandais volant ». Il voit les bateaux qui avancent. Il est en colère. L’opéra, c’est pas dans la tête, c’est pas dans une boite, c’est vivant, des chanteurs , des spectateurs, des applaudissements… C’est concret.

Elle pense à ses élèves, certains enfermés dans des petits appartements. Ils auraient pu laisser les parcs ouverts…

Il râle après la commercialisation de la culture. Il maudit l’incontournable argent.

Elle essaie d’être optimiste. Le monde d’après sera peut-être meilleur. On ira à l’essentiel.

Il est persuadé que la culture est essentielle, c’est elle qui reste à travers le temps. Les politiques ont les oublie, les épidémies aussi mais les walkyries,wotan…

Elle se dit qu’on va reconnaitre les travailleurs de l’ombre, qu’ils vont pouvoir vivre dignement.

Il cherche comment faire rentrer les sous, il songe à l’achat des matériaux, aux cachets des chanteurs…inévitable la trésorerie.

Il ne peut pas renoncer, il a dans la tête les décors de « L’or du Rhin » qu’il avait commencés. Dans la tête, ça ne coûte rien…

Elle se dit que les mouvements sociaux vont reprendre.

Il entend la voix de Siegfried, cette voix qui remplit l’espace et vous pénètre tout entier. Les disques ce n’est pas pareil.

Elle rêve d’un monde meilleur mais se demande si elle va voter. Le monde ne tourne pas comme ça.

Il continue à dessiner toutes sortes de scénographies pour plus tard, peut-être. Il recherche des esquisses de 1850. 

Il pense aux spectateurs frustrés qui regardent des vidéos pour se consoler. Quelle tristesse !

Il en a assez de se lavage des mains partout, il aime se salir les mains lui, dans la matière et les machines.

Il ne veut pas de masques, il ne joue pas dans la comédia del arte.

Il attend la générale. Il veut serrer la main du chef d’orchestre devant le grand mur romain. Il a invité ses employés. Repoussée, il fulmine.

Elle chante encore : « Trois petits lapins… », elle ne finit pas, ça ne rime à rien sans les jeux de mains.

Le soir, il ne regarde plus la télévision, il admire Vénus. « La petite musique de nuit » ne vaut pas « Le crépuscule des Dieux » mais en attendant…
Elle fredonne : « Au clair de la lune… », elle l’embrasse dans le cou.

Ces deux- là, ils se sont toujours rencontrés dans les étoiles, c’est pas avec le covid que ça changera.









lundi 4 mai 2020

Un matin d'été


C’est un matin d’été.                                                                                                                              Il est tôt, la chaleur est encore supportable. C’est un matin étrange, on dirait que le ciel est tombé sur la terre. Brume. Silence. Pas un chant d’oiseau. Juste cette ouate légère qui enveloppe la ville grise. Un jeune homme marche à pas de somnambule au bord de l’Huveaune.

Arrivé au parc Borély, il prend le chemin qui longe le lac artificiel. La fraîcheur sous les houppiers touffus est toute relative, des pelouses alentour s’échappent des lambeaux de brume étouffants qui collent au visage. A l’extrémité du lac, il y a une souche de saule pleureur sur laquelle le jeune homme s’assied. Le saule était magnifique quand il était enfant, l’arbre n’a pas survécu aux fréquents épisodes caniculaires.
Un souffle chaud crispe la surface du lac, se glisse entre les branches des marronniers qui frissonnent comme sous un accès de fièvre. Vertige. Il va se marier dans quelques jours, il devrait être heureux.  C' est certainement la chaleur qui provoque le malaise qui l’a poussé dehors ce matin. Le soleil est haut dans le ciel maintenant, il jette à la surface du lac une lumière brutale qui éclate en milliers de miroirs  aveuglants. Pourquoi a-t-il toujours pensé que le mariage était la pire chose qui pouvait arriver à un homme ? Impression d’être au bord d’un cratère de lave. Fournaise. Fumées. Manque d’air.
Un gros canard blanc sort du lac. Ses pattes font un léger bruit de ventouse sur l’herbe sèche, il se dirige aussi vite que possible vers l’ombre des buissons. Il a raison le palmipède, il faut rentrer, fuir la chaleur, trouver un peu de fraîcheur à l’ombre des volets clos. Malgré la tenaille qui tord les boyaux. Malgré la sueur qui coule dans le dos et brouille la vue. Malgré l’angoisse. L’air crépite en touchant le sol chauffé à blanc de l’esplanade, se transforme en flammes vaporeuses. A travers cet infernal voile vibrant, le monde n’est plus qu’un étrange mirage.    

samedi 2 mai 2020

Une famille



Est-on sûr de connaître ses voisins ?
Les nôtres avaient emménagé de façon discrète. La maison à louer était restée longtemps fermée. Un matin on a vu les volets ouverts.
Les nouveaux locataires nous ont paru bien sympathiques. Il s’agissait d’un couple d’une quarantaine d’années et de leurs trois enfants. Prétextant les embarras de l’emménagement, ils ont refusé notre invitation à faire plus ample connaissance autour d’un verre. Quelques jours plus tard, ma femme, qui aime papoter, m’a dit que la femme travaillait dans un salon de coiffure. J’en fus très surpris car elle était plutôt du genre mal coiffée. Des cheveux mi-longs, bruns, zébrés de fils blancs tombaient sur ses épaules sans aucun effort de coiffure.
Mon fils était en classe avec l’ainé de leurs deux garçons qu’il trouvait charmant. Il lui avait appris que son père était dans l’import-export, qu’il faisait du télétravail ce qui expliquait qu’on ne le voyait ni sortir le matin, ni rentrer le soir. J’eus l’occasion de  rencontrer ce monsieur, c’était un homme charmant. Il éluda vite mes questions sur son travail mais me parla volontiers  de sa passion pour la pêche au gros à laquelle il m’invita pour un jour futur.
Une voisine m’apprit qu’ils venaient du nord de la France, elle ne savait pas exactement d’où et que la dame n’aimait pas du tout Marseille, qu’elle avait l’air triste et soucieuse, qu’elle posait beaucoup de questions sur la fréquentation du quartier parce qu’elle s’inquiétait pour ses enfants, que c’était, d’après elle, une vraie mère-poule.
 Au fil du temps nos relations avec eux se bornèrent à des bonjours, bonsoirs cordiaux. Leur plus jeune fils, probablement un futur footballeur, envoyait fréquemment son ballon dans nos fraisiers. Nous le lui rendions par-dessus le mur de clôture. Nous n’avons jamais vu sa frimousse pourtant fort agréable d’après ma fille.
Elle faisait du hip-hop avec Lola, leur petite fille âgée de huit ans. C’était paraît-il une fille douée pour la danse mais très timide. Quand ma fille l’a invitée à venir à la maison pour qu’elles répètent ensemble leur chorégraphie, elle a refusé catégoriquement, laissant ma fille surprise et blessée.
C’est arrivé il y a environ un mois. Nous avons été réveillés en pleine nuit par des hurlements de sirènes, des claquements de portières, des piétinements, des cris, des gémissements. Dans la rue, en pyjama, j’appris par un voisin que le père de famille venait d’être victime d’une fusillade à quelques mètres de là. La police, toujours futée, pensait à un règlement de comptes.
Le lendemain, nous apprenions par les médias que notre voisin était un ancien truand qui voulait se retirer des affaires. Son passé venait de le rattraper. Il n’est pas mort de ses blessures mais il est sorti de l’hôpital dans un fauteuil roulant.
 Ils viennent de déménager, sans nous dire au-revoir.

vendredi 1 mai 2020

Juillet 1950
Louis et Ginette se marient. L’église est pleine, le curé est content.
Louis se tient debout devant l’autel, il attend sa promise. L’orgue joue, elle arrive au bras de son père, il est fier Léon, Sa Ginette a décroché un bon parti, elle manquera de rien.
Sur les bancs décorés, la famille, les copains, les voisins, ils sont tous là, habillés de neuf, chapotés, tous partagent l’émotion générale.
La cousine Jeanne essuie une larme.
« Quelle est belle Ginette dans sa robe d’un blanc immaculé ! Une vraie reine, elle est rayonnante, elle a une démarche altière, elle respire le bonheur. Et son Louis la regarde amoureusement, il sourit sous sa moustache bien taillée. Quelle chance ! Ils vont avancer dans la vie dans la complicité, ils vont fonder une famille, s’installer dans un nid douillet, ils auront de beaux enfants » Jeanne les envie.
Tante Alice regarde la mariée d’un air déçu, elle a même un rictus au bord des lèvres.
« Quelle naïveté ! Dans quelques mois son Louis aura perdu ce regard langoureux. Dans quelques années il aura des fils, pourquoi des fils ? Allez savoir, une idée d’homme. Il passera ses soirées au café avec ses clients et Ginette repassera les chemises. Elle perdra son sourire dans l’indifférence, elle pliera sous la charge de la maisonnée. Belle petite famille dira le curé aux communions répétées. Et Ginette dans tout ça ? Pauvres filles qui croient au prince charmant. Enfin, elle est aux anges aujourd’hui, je ne vais pas gâcher sa journée ».
Le grand Gaston est heureux mais inquiet devant ce nouveau couple.
« Elle est jolie cette petite mais saura-t-elle tenir son rang ? On fait partie de la bourgeoisie du village maintenant. J’ai bien peur qu’elle n’ait visé que notre fortune. Mon Louis, c’est moi qui l’ai amené à ce statut. Est-ce qu’elle saura tenir sa place en silence comme feu mon épouse. L’amour n’a rien à voir dans cette situation, pour ça il faut se contenter d’une maitresse. Mon Louis il n’a pas compris. Enfin j’espère qu’il ne fera couler les affaires, il ne va tout même pas en faire sa secrétaire. Elle doit être une dame et je ne la vois pas dans ce rôle cette mignone» .
Mr Tixier, le maitre d’école de la laïque, fait les cent pas sur le parvis, pas question d’entrer. Il va saluer les mariés mais il ne comprend pas. Ginette, sa meilleure élève au bras de Louis qui a pour seul mérite l’héritage de l’entreprise.
« Je lui prédisais un autre avenir, je la voyais au moins prendre ma place. Elle a du caractère, j’ose penser qu’elle imposera ses idées, qu’elle n’oubliera pas les ouvriers »
Mme Vaugera, toujours renfrognée passe sur le trottoir d’en face, elle ne tourne pas la tête au son des cloches, elle est fâchée avec tout le village.
« Ils vont jeter des grains de riz, histoire de ma faire tomber. Quel gâchis de nourriture et tout cet argent dépensé pour finir par se tromper et divorcer et puis ces deux- là je les connais pas».
Jules, le frère de Louis, témoin pour l’occasion félicite son aîné, embrasse la mariée, il est confiant.
« Ils vont se sauver d’ici, j’en suis certain. Ils s’aiment profondément. La voiture n’est pas prête pour un simple voyage de noces. Les bagages sont nombreux et bien cachés. Louis a bien dissimulé ses intentions, je suis le seul à être au courant, je l’ai encouragé. Ils vont partir ensemble, ils vont découvrir, ils vont partager le grand frisson, ils sont sur la même longueur d’ondes, ils vont vivre les émotions du monde. Il suffit de surprendre leur regard brûlant, ils sont vivants ! »