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mercredi 25 novembre 2015

FORMIDABLEMENT !

Je ne crois pas qu'il y ait de "mots" pour ça... Alors... Trouvons-les !



FORMIDABLEMENT


 

Formidablement. Il faut vivre. Formidablement. Respirer. Formidablement. Il faut rire. Formidablement. Croire. Et Espérer. Formidablement. Parmi ces débris que la nuit cache. Parmi ces secrets enfouis sous la terre brûlée. Il faut accepter, formidablement, la terre ébranlée, notre monde en train de basculer et le temps qui semble s’arrêter. Entrechoc. Explosion. Bombardement. Cris. Et puis, plus rien… Piégé. Déchiré. Meurtri. Mutilé. De blessures qui ne repartiront jamais. Que faire ? Que faire ? Dîtes-moi ! Que faire ! Oublier ? Nier ? Tuer ? Haïr ? Mais à quoi bon !                                                                                                                                                         Il faut vivre. Formidablement. Respirer. Formidablement. Il faut rire. Formidablement. Croire. Et Espérer. Formidablement. Et avancer. Chaque pas en arrière est une défaite, une hésitation un échec, et un abandon une trahison. Le sang qui coule. Et qui gicle. De partout. Sur tous les visages. Dans toutes les vies. Personne n’est épargné. Les pleurs contenus. Les sanglots qui déraillent, qui déconnent. La ferraille. Le chaos. L’alarme. La terreur. Qui résonnent. Et qui résonnent, en moi. En toi. En nous. Qui écrasent. Qui torturent. Qui massacrent. Sans penser. Sans pitié. Sans humanité. Du peu qu’il en reste. Les cris stridents comme les détonations des mitraillettes. Tu les entends ? Moi aussi. Elles me hantent. Les balles qui éclatent. Fort. Fort. Très fort. Minable. Minablement. Fort… Formidablement. Comme un hymne. Qui monte. Et monte. Encore et encore. Il faut vivre. Formidablement. Respirer. Formidablement. Il faut rire. Formidablement. Croire. Et Espérer. Formidablement. Et les ruines et les décombres. Épars. Foudroyés par l’horreur. Un massacre. Oui, la mort. La mort qui rôde, la mort qui guette et qui se frotte les mains. Qui écrase. Qui torture. Qui massacre. Qui tue. Machinalement. Des vies. Des couleurs. Des espoirs. Des rêves et des réalités. Du bonheur et un chemin. Rasé. Détruit. Et le sang, qui coule, qui gicle de partout. Mon sang. Ton sang. Notre sang. Oui, on a voulu nous détruire. On a voulu nous anéantir. Effroyablement. Lamentablement. Minablement. Fort… Fort… Comme un hymne. Qui monte. Et monte. Encore et encore. Brouhaha. Murmures. Fort… Fort… Formidablement. Un mot. Une pensée. Solidarité ! Main dans la main. Ne pas céder à la peur. C’est la terreur qu’ils veulent répandre. Nous interdire de vivre. Bannir la liberté. Et Incompréhension. Impuissance. Tristesse. Colère. Rage. Désespoir. Violence. Haine. Je comprends. Je comprends ! Mais à quoi bon ! Fort… Fort… Formidablement ! Et toutes ces différences ? Faisons-en une force ! Fort… Fort… Soyons forts ! Formidablement ! N’oublions jamais. Il faut vivre. Formidablement. Ne pas se laisser mater. Ne pas se laisser massacrer. Nous sommes forts ! Formidablement, et vivre ! Vivre pour tout ces morts ! Une revanche terrible. Redoutable. Justice implacable. Intransigeante. Fort… Fort… Existons ! Levons-nous ! Formidablement !  Oui, nous devons vivre. Formidablement. Et respirer. Formidablement. Nous devons rire. Formidablement. Espérons. Croyons en l’avenir. Formidablement. Personne ne connaît LA solution, alors cherchons la. Tous ensemble. Formidablement. Et avançons !

 

 

-Vous êtes formidable(s) !  

mercredi 7 octobre 2015

Discours bien particulier de L'Arbre Quadricentenaire


Au milieu de la place Sainte-quelque-chose, il y a cet arbre qui domine tout. Et tout le monde. Du haut de son tronc puissant et solide, enraciné au sol depuis l’an de grâce 1602, cet arbre… Bah ! C’est moi ! Je n’ai ni nom,  ni âge. Ce « 1602 » a été gravé sur mon cœur, bien malgré moi, de façon à ne plus pouvoir l’oublier. Je n’ai ni nom, ni âge. Du moins, d’après mes lointains souvenirs. Je suis vieux, certes, très vieux, et presque éternel ! Et des souvenirs, j’en ai beaucoup ! Ils me reviennent quand ça leur chantent, le plus souvent lorsque le vent souffle dans mes branches… C’est alors qu’une certaine nostalgie et une solennité me gagnent, propices à l’Inspiration. Certains souvenirs me sont plus chers que d’autres. Plus précieux, car je dois l’avouer, ils me rengorgent de fierté, et ça n’est pas désagréable ! Je me souviens d’une famille de miséreux qui s’était abritée sous mes solides branches, un soir de pluie. Comme quoi, j’ai depuis ma jeunesse une très grande prestance !  Jamais je n’ai pu oublier les sanglots du garçonnet qui réclamait son quignon de pain. Jamais je n’ai pu oublier la voix démunie de la mère lui rétorquant de manger ses doigts, et que peut-être, sa faim disparaîtrait. Pauvre petiot ! J’avais essayé de lui tendre bien charitablement quelques unes de mes plus belles feuilles, mais ce vilain garçonnet les as capricieusement refusées, ses larmes d’enfant se mêlant aux gouttelettes de pluie en un océan de tristesse. L’océan ! Des illuminés en parlent quelques fois. Oui, je suis bien indiscret d’écouter les conversations d’anonymes, je le confesse bien volontiers. J’aurais bien voulu le voir, l’océan. Le découvrir. Le contempler. Je me contente donc de le rêver. Mais hélas ! Je suis damné à enracinement éternel ! Tant de rêves de voyage et d’aventures brisés ! Quelle malfaisante sorcière aurait donc bien voulu me jeter un tel sort? Cette damnation a fait de moi, un observateur aguerri et un esclave du temps.

Je me souviens aussi de cette ravissante marchande de fleurs qui vendait des bouquets sur la place, en tenant son âne par la bride. Même ma feuille la plus flamboyante et la plus digne, à l’apogée de l’automne, n’aurait pu rivaliser avec la plus piteuse de ses fleurs. J’en tremble encore de jalousie ! Je la voyais souvent sur la place Sainte-quelque-chose (pardonnez-moi, j’en ai oublié le nom !) La première fois que je la vis, ce fut à la pointe de l’automne, alors que moi, je perdais une à une mes plus belles feuilles, et endurais des souffrances atroces ! Quel malheur ! Elle portait alors une robe qui dansait à la brise du vent, et elle avait l’air fort sympathique. Malgré mon supplice abominable, je me tus avec une vaillance qui encore me rengorge aujourd'hui de fierté ; je ne voulais pas l’effrayer ; et si j’eus crié, elle serait aussitôt partie, tremblante de peur, plus ne plus jamais revenir. J’étais bien désolé pour elle, car personne ne s’intéressait à elle. Sauf moi, qui aimait bien l’observer. Les passants oublient souvent, que moi, l’Arbre, enraciné depuis l’an de grâce 1602, ait une âme, et une conscience. Et laquelle !

Les passants cruels et sans cœur, écrasaient brutalement mes pauvres feuilles, jonchant lamentablement au sol. J’en tremblais d’indignation ! Et encore aujourd'hui d'ailleurs ! (Mais je tremblais si légèrement, que naturellement personne ne me remarqua ! ) Personne… sauf la ravissante marchande de fleurs. Elle leva alors la tête vers moi, et nos regards se croisèrent. Elle lut dans mes malheureux yeux ma révolte, mon impuissance, et me sourit, pleine de compassion. Les quelques feuilles qui me restaient s’empourprèrent de décontenance ! C’est alors que la marchande de fleurs ramassa une à une mes pauvres feuilles tombés au sol, et les collecta dans son panier, essuyant bravement les moqueries des passants si cruels et sans cœur. Elle mis le panier sous mon tronc et y déposa ses fleurs. Elle me salua fort respectueusement puis s’en alla, parée de toute la grâce des fleurs qu’elle m’avait laissées. Elle ne revint jamais… Depuis, chaque automne je me démène à faire pousser les plus splendides feuilles qui soient, devenant chaque an plus belles les unes que les autres ; dans l’espoir qu’elle reviendrait. J’attends, j’attends. D’une patience inouïe, je m’en rengorge chaque jour de fierté. J’attends, j’attends qu’elle revienne, car elle fut la seule Humaine à me comprendre, à daigner de me regarder avec le respect qui m’est dû. J’attends, j’attends, péniblement, mais j’attends. Je suis un arbre paré de toutes les grâces, et il n’en existe pas un plus beau que moi, sachez-le ! Si vous daignez me regarder avec le respect qui m’est dû, venez alors me rendre visite à la place Sainte-quelque-chose. À force de remuer tant de souvenirs, d’autres sont revenus… Dont mon nom. Et lequel ! J’en rengorge encore aujourd’hui de fierté. Je suis… Je suis… L’Arbre Quadricentenaire… Et j’attends votre visite !

PS : Prenez votre temps ! Par chance je suis infaillible, par conséquent, je suis donc éternel. (Je m'en rengorge encore aujourd'hui de fierté!)
 
Christina

Oma ! De blanc, et de lumière !


Il y a Moi, quelque part dans une vallée semée de brouillard. Où suis-je ? Je ne sais pas. Qui suis-je ? Je ne sais pas. Des rires lointains parviennent à mes oreilles. Comme un écho qui vient puis repart. En silence. J’avance de quelques pas.  Et une tristesse passagère s’échappe des quelques arbres alentours. Je n’ai pas peur. Quelque chose d’apaisant m’entoure. M’enveloppe. C’est étrange. Je poursuis mon chemin dans ce désert de vie. Un bruit sifflant et régulier entrecoupe le calme des lieux. Quelque chose de vif, de saccadé. Ma respiration… Je suis donc bel et bien consciente. Je flotte. Mes pensées voguent dans l’air. Quelques images floues et vaporeuses me reviennent. Des tons de noir, de gris, de blanc et de lumière en sortent… Oui. Je suis Seule. Effroyablement. Désespérément Seule. Et puis, il y a d’un coup ce voile d’argent immaculé qui s’élève dans l’air. Est-ce un Ange venu me sauver ? Qui suis-je ? C’est une clarté toute singulière. Aveuglante. Rassurante. Je lève les yeux mais rien de noir, rien de gris. Que du blanc. Et de la lumière. Suis-je sauvée ? Mais de quoi exactement ?  Une chose renaît en moi. Renaît sur mon visage. Une chose mouvante. Qui se cache en temps de désolation et réapparaît à la lumière. Peu à peu, les traits se dessinent. Les contours prennent forme. Prennent vie. Le chemin d’or et d’air se dévoile. Apparition. Comme une voie toute tracée menant au Paradis, puisse-il seulement exister. Je cours. Je veux attraper cette lumière. La faire vibrer. La faire vivre à travers moi. La saisir pour moi toute seule. Mais qui est donc ce « moi » ? Qui est-il ? Je cours. Je cours, je ne peux plus vite. Mes pas touchent l’air. Mes pas touchent le sol. La terre ferme. La réalité. Cesse donc de rêver, mon enfant. Une silhouette apparaît dans le lointain. Je marche. J’ai peur. Dans le blanc, et la lumière aveuglante, et rassurante, j’ai peur. Car il n’existe rien de plus blanc. Rien de plus aveuglant. Rien de plus rassurant. Le noir, le gris réapparaissent. Comme par enchantement. Ouf ! Mais… Que fais-je là ? Je m’approche de cette silhouette. Les couleurs, les tons, les rires et les souvenirs me reviennent. Oma ! Je cours ! Mes pas touchent l’air. Mes pas touchent le sol. La terre ferme. Je cours ! Oma ! Mon visage pleure. Oma ! Je me jette vers elle. Et Oma m’accueille dans ses bras. Rassurants. Je suis sauvée ! Le chemin d’or et d’air disparaît. Pourquoi t’es-tu aventurée si loin ? J’ai rêvé, Oma ! J’ai rêvé ! De blanc, et de lumière ! Et là, je me tourne vers Oma. Et je vois. Du blanc, et de la lumière. Des cheveux blancs et un sourire plein de lumière. Oma me prend la main. Me sourit. Et nous avançons sur un chemin de vie et de couleurs vives. Oma ! J’ai fait un rêve si étrange…

 
Christina

mercredi 28 janvier 2015

Dans le tiroir secret de l'horloger...


Dans le tiroir secret de l’horloger, il y a deux aiguilles cassées qu’il n’a jamais eu le temps de réparer.
Dans le tiroir secret de l’horloger, il y a une horloge de la mélancolie, une horloge des vieux rêves oubliés, une horloge des regrets enterrés.
Dans le tiroir secret de l’horloger, il y a des secondes, des minutes, des heures, des jours, des semaines, des mois, des années... Des siècles, peut-être.
Dans le tiroir secret de l’horloger, il y a cette constation amère du temps qui passe, et du temps perdu. Du temps qui s’écoule. Du temps qui nous court après. Puis nous qui finissons par lui courir derrière.
Dans le tiroir secret de l’horloger, il y a « tic » et il y a « tac » qui jouent à trap-trap avec les aiguilles de l’horloge du Temps. Car qui, mieux que l’horloger sait que le temps passe vite, bien plus vite que l’on ne le s’imagine ?

mercredi 19 novembre 2014

Va loin chère petite bouteille...

LA GAZETTE DU PETIT MARSEILLAIS 
 - Parution quotidienne- Article archivé (Numéro d'archivage : 68905532287612XUY), perdu,retrouvé puis reperdu- Numéro d auteur et date d'édition inconnus- Dossier à trier -



On entend de temps en temps parler d'histoire de bouteilles jetés à l'eau, miraculeusement retrouvées. Alors ce fait-divers-ci, est tout simplement exceptionnel... Un jour, un petit groupe de gens plus ou moins jeunes eurent l'idée de jeter une bouteille à l'eau contenant des messages, en espérant qu'un chanceux, dans quelques cent improbables années, retrouverait cette chère petite bouteille, puisse lire leurs messages empreints de mystère. Les expéditeurs espéraient que ce cher chanceux renvoie la bouteille et son contenu à son expéditeur (l'adresse du dénommé serait précisée,dans la bouteille !) et qu'ainsi, cette histoire incroyable et hors-du-commun, aurait été médiatisée dans la planète entière...Mais... mais... Mais !  Un certain jour, à une certaine heure, mystérieusement, miraculeusement ! De façon absolument inexplicable et totalement insoupçonnée, ce message, un poème, nous est parvenu, qui, nous a-t-il été certifié, proviendrait à 99,99... % et des poussières de la fameuse bouteille en question. Ne me demandez pas comment,ni pourquoi,  je ne saurais vous répondre...

Lisez ceci avant que je ne m'étende en explications futiles.


"Sable sur le rivage
Emporte tout sur son passage
Vagues somnolentes
Fougueuses et bel et bien vivantes ! 
Va loin, chère petite bouteille,
Aussi loin que le destin t'emmène..."

La trouvaille de ce poème aurait susciter énormément d’interrogations. Une enquête aurait aussi été ouverte pour vérifier la véracité des faits. Toutefois cette histoire a ému une poignée de romantiques et âmes sensibles, tant le destin de ce poème et de cette bouteille, semble romanesque !

Dès à présent, une question se pose : Où est cette chère petite bouteille, maintenant ?







Christina

Vague...

Je ne suis jamais arrivé(e). Je ne suis jamais parti(e). Je suis resté(e). En fait, j'étais là. Depuis toujours. L'ombre des vagues au loin. Le sel marin qui picote les narines. La mer lagune qui s'étend au loin, au-delà de l'horizon; et le ciel azur à perte de vue, avec quelques nuages blancs flottants. Le spectre des montagnes. L'air. L'altitude. Le vide. Les arbres majestueux, tous fièrement redressés sur leur tronc d'écorce sombre. Les collines et les vallées verdoyantes. Le chemin escarpé qu'on a parcouru avec difficulté, qu'on observe, lueur de triomphe, du haut du sommet en faisant de grands gestes enjoués. Le vent fou. Les ombres et les spectres jouent à cache-cache sous le soleil d'or et de plomb. Le sable qui virevolte dans l'air, agaçant les passants qui ferment les yeux. Les coquillages nacrés qui apparaissent tels des trésors pour les enfants qui les ont patiemment cherchés. Les spectres et les ombres jouent à trap-trap lorsque le soleil se couche, et quand l'air frais se lève. J'observe, je scrute et je regarde. Ça occupe tout mon temps. Les ombres et les spectres ne sont plus des spectres et des ombres, mais des vagues vagues et des silhouettes sombres et massives, illuminées par la lune, qui du haut de son ciel étoilé, souhaite une bonne nuit à la cité.  
Je ne suis jamais parti(e), même caché(e), je suis resté(e). En fait, j'étais là. Depuis toujours.





Christina

mardi 4 novembre 2014

Premières notes d'automne...

 

 

L'enfant au murmure d'automne

Les feuilles tombent. Le vent souffle et répand le parfum de mélancolie. L'horizon est rose et moi je suis là. Je ne parle pas. Ou presque jamais. Les feuilles rouges, jaunes doré et orange volent dans les airs. Et moi, je suis là. Je ferme les yeux. Je sens la brise dans mon dos. Timidement, j'ouvre ma bouche pour chanter un doux chant. Une harmonieuse mélodie se fait entendre. Je suis l'enfant au murmure d'automne.

L'homme au sourire multicolore

Je suis là, comme toujours. Les gens m'observent, je leur rend leur regard avec un cadeau en plus : un sourire. Mais pas n'importe lequel ! Le mien ! Je continue à marcher, des couleurs s'imprègnent de mes yeux : rose, rouge, jaune... Un regard, un sourire. Bleu. La pluie commence à tomber. Un regard, un sourire. Violet. J'observe tout autour de moi. Un regard, un sourire. Vert. Je marche sur le chemin caillouteux. Un regard, un sourire. Orange. Les rayons de soleil annonçant l'arc-en-ciel réapparaissent. Des rayons gais, des rayons colorés. Un regard, un sourire. Multicolore !



 Le petit garçon qui envoyait des lettres à la rivière

Doucement très doucement, silencieusement. Je me faufile dans la forêt baignée de lumière. Au loin, j'entends le clapotement familier de l'eau. Je m'approche. Le silence règne en maître. Paisible. Apaisant. La rivière. Pressé contre ma main, je me baisse et jette quelque chose à l'eau. Je vois ce quelque chose partir dans le courant grouillant de vie, je fais un dernier signe de la main. Puis je pars en courant, comme si ce moment n'avait jamais existé... mais je me sens mieux. Ça, j'en suis sûr, la rivière a lu ma lettre...



Christina



lundi 3 février 2014

En retard comme toujours, un début de semaine chaotique, les cours, la fatigue, le train-train quotidien qui revient, le stress qui monte en vue des épreuves communes. Les profs, les amis, les disputes, les rires, les réconciliations. J'écris...un bruit de téléphone... Que dire, qu'écrire ? Je commence à rentrer dans ma bulle. Je regarde les autres, pensives, réfléchies, concentrées. Jacqueline qui nous observe, Patrick qui médite ses propositions sur son classeur. Moi qui n'ai rien à dire, mais le bruit du stylo qui me rappelle à l'ordre : "Écrire !" . Le bruit de la réflexion, le bruit du silence, me font bourdonner les oreilles... Huguette qui écrit, une fois lancée, c'est comme une fusée : on ne peut plus l'arrêter ! Marie-Pierre, qui rit, qu'a-elle encore écrit ? Toutes semblent écrire... sauf moi... Le reste s'en va... j'oublie tout... enfin j'essaie, je suis dans cette pièce, la tête collée sur la feuille, enfin le regard scotché sur mon texte, qui ne ressemble encore à rien. Une dernière pensée à mes amis : Mel, Suz, Emma, Rachel, Kenzo, Tristan, les autres... Les disputes, les taquineries, les délires et fou-rires... Le portable qui sonne, les sms, les textos... Les devoirs... La note pourrie en physique, oh pétard ! L'appareil flambant neuf cassé; je précise... il reste 4 minutes ! L'anniv' qui termine en bataille de bouffe, tout ranger, le week-end qui passe, et qui s'achève. Voir la semaine devant soi, la redouter, les contrôles... Ne pas le vouloir, mais le devoir...Peur de l'inconnu, peur de l'imprévu ! Mais tant pis ! J'écris... l'écriture me prends dans ses filets... Francine qui réfléchit, Florence qui est à deux doigts de casser son stylo tellement elle écrit vite... Le temps c'est bizarre, y a deux secondes il restait deux minutes, maintenant plus que une, ! Non mais je rêve, oh ! Malheureusement non...J'écris un bloc... mais j'écris... Plus rien n'existe, les soucis s'envolent, je suis dans mon monde. Qu'il est bon d'y être ! J'écris maintenant, ma bulle s'en va, elle s'envole à travers le ciel... Quand sur Terre va-elle revenir ?

Christina


Imagine... une pluie de lunes

Je me suis toujours demandée si la pluie de Lune existait...Et toi ? Imagines qu'un nuage gros, gris et menaçant flottait au-dessus de ta tête... Ta première réaction serait de courir, de fuir, de partir... Non ?
Et si tu t'arrêtais pour laisser ces petites Lunes tomber sur toi. Imagines que ces petites Lunes, représenterait pour chacune d’entre elles, un petit bonheur de la vie. Laquelle choisirais-tu en premier ?  Moi... aucune, enfin... je ne saurais pas me décider... Je resterais juste sous ce nuage , me laissant arroser par elles, sourire, les contempler, les admirer... Et imagines que dans chacune d'entre elles il y a un monde, un monde qui te plaît, et ne correspond qu'à toi. Que dans chacune d'entre elles, il y ai un rêve qui te hante depuis des années... Un rêve qui tu n'as jamais osé réaliser, que tu n'as jamais osé t'avouer... Imagines...

Je sais désormais, que tous les matins je me lèverais avec ce petit nuage et sa pluie de Lune en tête, sourirait, me demandant quel bonheur je vais vivre aujourd'hui... et surtout me dire, combien la vie est belle !


Christina

lundi 13 janvier 2014

Un bouquet de mimosas...



Le soir tombait, les pommiers se balançaient de droite à gauche, de long en large sur l’allée. Le silence se faisait entendre et demeurait ; à part si les âmes disparues du cimetière de campagne où je me trouvais ; conversaient entres elles.
J’aimais me balader là-bas, quand j’étais tourmentée, la sérénité du lieu m’envahissait comme un havre de paix.
Chaque tombeau avait sa propre inscription, mais je n’y jetais jamais un œil. Par pudeur, par respect peut-être… Je n’ai jamais su pourquoi ; à vrai dire, je ne me suis jamais posée la question. Tant d’âmes, tant d’esprits qui avaient vus la lumière du jour, demeuraient là.
Pourtant, j’aimais ce cimetière de village, pour sa petitesse, sa beauté florale. Je n’ai jamais su pourquoi ; à vrai dire, je ne me suis jamais posée la question.

Une certaine Hester Gray, reposait là. La seule, la seule que j’avais osé déranger dans son cercueil, pour la fleurir chaque soir. Hester Gray, née 1853, décédée en 1873. « Une américaine ! » avait-on dit. « Une jeunette de vingt ans, qui avait épousé un homme de trente ans, son aîné ?» Ou une histoire d’amour avec un jeune homme fiancé ? Un crime passionnel qui avait causé sa perte ?

Quels secrets et mystères cachait ce personnage ? 

Seule sa tombe n’avait pas été fleurie, et pour lui rendre hommage, sans savoir pourquoi, ni comment ; je cueillais des mimosas pour préserver sa mémoire,  sur son tombeau.
Par pudeur, par respect ? Je n’ai jamais su pourquoi ; à vrai dire, je ne me suis jamais posée la question. Désormais ce cimetière était fleuri de toutes parts, peuplés d’âmes, d’esprits fantomatiques, qui étaient en paix, grâce au pouvoir des fleurs.

Chaque soir, mon bouquet de mimosas à la main, j’y déposais discrètement ces fleurs. Puis je repartais en m’éclipsant discrètement, le cœur en rêves ; laissant derrière moi un cimetière paisible et silencieux ; à moins que les âmes disparues y parlaient des langages secrets...


Christina

mercredi 27 novembre 2013

Je me souviens...

Je me souviens de beaucoup de choses; de beaux souvenirs d'école. Je me souviens de la bonne odeur des croissants qui flottait dans l'air et venait de la boulangerie ,les matins,sur le chemin du collège...  Je me souviens de peu de choses d'un coup; tout est parti comme un nuage fuyant le soleil... enfin pas tout à fait tout. Je me souviens des dimanches après-midi, où nous pique-niquions sur notre belle nappe rouge quadrillée dans l'herbe verte. Je me souviens de lointains et vagues souvenirs comme quelques bêtises d'enfants où nous sonnions  à la porte des voisins, et nous cachions la seconde d'après dans les buissons d'à côté. Oui... je me souviens de moments qui ne sont devenus un heureux souvenir que lorsque je me suis rendue compte que ces instants-là étaient uniques, et que je ne pourrai jamais les revivre de la même façon. Je me souviens de ma peur bleue du tonnerre, où je me cachais la tête avec un coussin, étant gamine. Je me souviens de la joie d'aller dans mon lit bien chaud les soirs d'hiver et de me pelotonner dans une couverture. Je me souviens, je me souviens... Je me souviens d'anecdotes sur mon enfance que j'avais oubliées et que m'avait racontées mes parents.  Je me souviens de rires, de fous rires, de jeux, d'ennuis aussi. Je me souviens et je profite du bonheur de la jeunesse qu'est d'avoir quatorze ans, de savoir qu'on a l'enfance derrière soi, mais la vie devant...

Je me souviens que je ne savais pas quoi écrire il y a dix minutes, mais je constate avec surprise et sourire que ma feuille et pleine, alors je devrais arrêter d'écrire...

Christina

mardi 26 novembre 2013

Elle avait tout vu, tout senti, tout dit et tout entendu...



Aujourd'hui, il était trop tard... Elle était devant un miroir, qui lui reflétait son image. Un beau visage à ce jour creusé par de fines rides; exprimant une longue expérience de la vie.

Ses yeux gris, perlés de vert montraient de la sagesse et un lointain souvenir vague et énigmatique de la jeunesse. Des yeux qui avaient tout vu, admiré, scruté, aperçu, observé, tant de choses; tant de  beautés : les doux champs de blés dorés à la lueur de l'automne, les belles montagnes, la mer si profonde et infinie, la campagne si sereine et apaisante, la forêt si sombre et silencieuse, la nuit si inquiétante et menaçante...Des yeux qui avaient tout vu. 

Un visage délicat et aux traits fins ainsi qu'un grand nez. Combien de fois ce nez elle aurait voulu l'avoir petit ! Elle ne s'en souvenait plus tant ce souhait l'avait ardemment hantée dans son enfance. Un nez qui avait humé, senti, respiré, aspiré tant de choses : l'odeur enivrante des roses à l'aube du printemps; la senteur fraîche et piquantes des champs de lavande lorsqu'elle allait en cueillir pour sa mère les soirs d'été; et celle des épices cannelle, gingembre, curry... elle les connaissaient toutes ! L'odeur du pain cuit, elle n'aurait pu l'oublier !  Un nez qui avait tout senti.

Un visage si gracieux et une bouche si petite, une "cerise" lui avait-on dit. Des lèvres qui avait tant dit, tant hurlé, crié, braillé, menacé, tempêté; mais aussi consolé, calmé, réconforté, et qui avait quelques rares fois souri... Des belles paroles qu'elle avait récitées; yeux clos; dans la nature; qu'elle avait déclamées avec respect et cérémonie. Une bouche; des lèvres qui avaient tout dit.

Un visage de poupée, à la différence qu'il aurait pu et semblait être en porcelaine, mais qui ne l'était pas...Deux oreilles, petites et discrètes, qui avaient tant entendu : des secrets, des mystères, des mots interdits, des insultes, des horreurs, des malheurs; des belles paroles encourageantes et aimantes. Elle avait tout entendu.

Un visage vieilli et amaigri, qui un jour avait été celui d'une déesse, personne n'en avait douté à l'âge de ses vingt ans. Une chevelure désormais grise qui avait été, autrefois; ondoyante, ruisselante comme une coulée d'or. Des cheveux qui avait été tant de fois tressés, coiffés, peignés, lavés, lustrés... Une chevelure dont le plaisir de la brosser avait été un bonheur de la jeunesse; malgré des souffrances en tant que petite fille sous les coups de brosse déterminés à évincer les épais nœuds se cachant au fin fond des cheveux... Des "boucles d'ange" disait sa Tante Rose à ses 15 ans. 

Un visage marqué par la vie, les épreuves, le bonheur, le malheur, la tristesse, la joie, la honte, la révolte, l'amertume, la colère, la mélancolie, la compassion, l'amour, l'amitié... Par la Vie. Une existence peuplée de rêves, de songes, d'illusions, de fantasmes, de souhaits; espérés, souhaités... Une humaine qui avait tout vu, tout senti, tout entendu, tout dit...

Un visage exprimant la paix...
Oui elle avait été heureuse...
Un destin arrivant au terme de son voyage.
Un dernier petit sourire.

La fin.

Deux yeux perlés qui se refermèrent à tout jamais...


La paix, le néant, le vide....
Plus rien...



Christina

mercredi 20 novembre 2013

Des cerises et un regard....

Un beau soleil radieux et souriant, brillait ce matin-là. Enfin... il aurait pu pleuvoir et elle n'aurait pas porté une de ces fines blouses fleuries, mais un long manteau noir et un béret gris sur la tête. Et si son béret avait été sale ? En aurait-elle porté un noir ? Et s'il avait neigé alors ?

Ce jour-là, m'avait-on raconté, elle était partie tôt de chez elle, maisonnette chaleureuse et accueillante, perdue dans un village petit et mignon. Si ça avait été un village moche et grand, cela n'aurait rien changé à l'histoire, mais juste enlevé le charme du moment où elle partait....

Un panier à la main, elle déambulait l’allée principale du village, puis se faufila discrètement dans le champs de cerisiers. Le vent lui hâlait le visage au fur et à mesure que le temps passait et que le nombre de cerises semblait augmenter à vue d’œil. Si elle n'avait pas été dans ce champs-à; elle serait peut-être allée dans un verger, l'odeur des pommes lui piquant délicieusement les narines. Mais il en fut tout autrement ce jour-là.

Le panier rempli de fruits, elle rebroussa chemin, en rentrant par un petit sentier caillouteux  de campagne. Bringuebalant le panier tout en marchant gaiement, elle chantonna un petit air champêtre... Quand soudain, elle entendit des bruits. Elle s'arrêta net de chanter. C'était des pas, qui étaient proches, mais qui s'approchèrent plus et encore plus, près et encore plus près, quand tout à coup, le mystérieux inconnu fit son apparition...Elle vit subitement le regard lagune d'un beau jeune homme; souriant.  Des yeux bleutés où se mêlèrent ses yeux verts. pour longtemps; très longtemps....

Fut-ce une seconde, deux heures, cinquante ans ? Qu'en sais-je ? Mais qu'est-ce que cela aurait changé à l'histoire ?

Tout ce que je sais, c'est que des années plus tard; deux ou quarante ans après; je les voyais se sourire mutuellement, en train de manger des tartines de confiture à la cerise...

Si elle n'avait pas décidé de cueillir des cerises ce jour-là, je n'aurais probablement pas été là....


Et qu'aurait été l'histoire, si elle avait été dans un verger ?  



Christina

dimanche 17 novembre 2013

Quand on se réveille dans l'espoir, le matin par la fenêtre on voit...

Quand on se réveille dans l'espoir, le matin par la fenêtre on voit...
Que les oiseaux chantent et les arbres dansent.
Que les nuages brillent et les feuilles scintillent.

Quand on se réveille dans l'espoir, le matin par la fenêtre on voit...
Que les fleurs rient et le ciel sourit...
Le monde à l'envers, le bonheur tout en vert.

Quand on se réveille dans l'espoir, le matin on se dit...
Qu'on est content, heureux de vivre, on inspire l'air à pleins poumons et on se dit :
"Chouette, le soleil brille ! "

Christina

Elle était là... et pourtant...

J'étais trop loin, trop loin pour la voir; trop loin pour l’apercevoir.
Trop prêt pour la regarder.
Trop prêt pour l'observer.
Trop fatiguée pour l'approcher.
Trop paresseuse pour l'imaginer.
Trop curieuse pour l'oublier !

Christina

samedi 16 novembre 2013

L'ombre dans la nuit...

Je me souviens de cette femme à la robe blanche. C'était la nuit et il faisait très sombre.  Le seul halo de lumière était la lune qui projetait ça-et-là, des ombres nacrées. Je voyais une forme ou plutôt une silhouette fine... J'avais du mal à distinguer sa chevelure. Seuls ses yeux pâles brillaient comme deux étoiles. Il y avait de la brume; était-ce de l’amertume dans son regard ? Un regard froid, comme la température glaciale qu'il faisait ce soir-là ? Était-ce de la douceur qui irradiait son regard ? Un regard clair... mystérieux... énigmatique; fantomatique; fantastique ou encore; lunatique ? Clair et foncé à la fois. Une ombre dans la nuit, une silhouette vaporeuse et indistincte, comme une traînée de poussières de fées, scintillant à la lueur de la lune. Une forme dans le néant.

Il y avait un noir ténébreux, ce soir-là.

Christina

mercredi 13 novembre 2013

Quatre débris de miroir...

Quatre débris de miroir...Un miroir du passé, du présent ou du futur. Ça personne ne le sait, ni ne le saura jamais... Quatre débris de miroir qui se sont brisés un certain jour, à un certain moment, à une certaine heure, pour une certaine raison, à cause d'une certaine chose. Quatre débris de miroir qui se sont brisés à la vue d'une certaine chose ou d'une certaine personne. Quatre débris de miroir, qui un jour vont peut-être vont encore se briser, un certain jour, à une certaine heure, à la vue d'une certaine chose, à cause d'une certaine personne. Personne ne sait, personne ne saura jamais rien. Pourquoi ces quatre débris de miroir se sont-ils brisés ce certain jour, à ce certain moment, à cette certaine heure, à cause de cette certaine chose ou de cette certaine personne, pour cette certaine raison ?
Eh bien, votre imagination pourra me dire la réponse !

Christina