Aoussin
est arrivé tard ce lundi soir à In Salah. Onze heures de voiture non stop
depuis Alger. Aou est un homme dans la cinquantaine, plutôt rond, voir même
très rond. Costume éliminé gris, qui n'a plus de forme, incapable de fermer sur
son ventre, chemise qui fut blanche un jour, trempée de transpiration, cravate
noire pas bien nouée ,chaussures en cuir noir avec de petits lacets très fins
et courts.
Aou
arbore une petit moustache fournie et noire comme ses cheveux .
Il
fait encore 35° ce soir à In Salah. La voiture est arrêtée devant l'entrée de
l'hôtel Tidikelt le moteur au ralenti, les fenêtres fermées, la clim à fond .
Aou
a passé onze heures dans cette voiture , mais pas le moment d'en sortir , juste
descendre la température qui lui pèse .
Aou
est assis sur le siège arrière, en plein centre, les jambes écartées le plus
possible, allongées, les mains posées sur la banquette de chaque côté de son
corps .Il est seul maintenant dans la voiture .Aou s'est débarrassé du
chauffeur à qui il a demandé de porter sa valise dans la chambre, qui lui a été
réservée depuis Alger. Dans ce calme ronronnement ventilé, Aou parcourt
mentalement les dernières vingt-quatre heures : Alger, commissariat central troisième étage,
bureau du commissaire Aoussin Ben Alli Baba . Aou est calé dans son fauteuil
sous la clim , il parcourt d'un œil distrait le journal "Alger matin"
.
Aou
n'est pas un violent, commissaire, certes mais à l'usure ...
Il
a monté tous les grades sans jamais faire de vagues et encore moins d'exploits
voire même en usant de petites lâchetés laissant les autres porter la chapeau .
Aou
est dans son bureau tranquille jusqu'au coup de téléphone qui va provoquer ce déplacement.
Une
boîte venait d'arriver par porteur sur le bureau du commissaire principal de la
place, son chef.
Une
boîte anonyme, mais contenant plusieurs pièces troublantes qui sans la nommer
désignaient une personne particulière, au mode de vie sulfureux...
Dans
cette boîte quatre titres de films du même réalisateur, des morceaux de verre ,
un gravier, un billet de monnaie étrangère qui laisse à penser à des dessous de
table, et surtout douze photos dont une coupée en deux. Un rapide examen des
douze visages mit en lumière que onze d'entre elles étaient porté disparues.
Toutes les personnes sur les photos avaient un rapport avec les films . Pour la
douzième photo coupée en deux, elle correspondait à un jeune connu des services
de police qui habitait Alger, et dont l'épouse est sans nouvelles. A cette
heure ce qui inquiète le chef, Commissaire Principal, c'est la disparition du
cinéaste Merzak Allouach, et Abdenour étant son chauffeur.
Ils sont partis tous les deux à In Salah faire
des repérages .
Aou
se revoie traînant les chaussures pour se rendre dans le bureau du chef.
Puis
retour à son appartement dans le bas de la rue Jean-Jacques Rousseau, petite valise en faux cuir, deux chemises, un caleçon
...
Douche
froide pas d'eau chaude dans son appartement,
puis couché seul, de très bonne heure . Départ 6:00, (Inch Allah).
Aou
rouvre les yeux le chauffeur est devant la porte de la voiture
-vous avez la chambre 12, mitoyenne à celle de
Merzak Allouach.
Le concierge ne l'a pas vu depuis avant hier soir, si vous voulez bien
venir Mr le commissaire .
Aou
se penche sur la banquette , ouvre la porte, l'air chaud lui saute au visage,
il glisse sur le Skaï, met un pied au
sol et dans un effort accompagné de gémissements s'extirpe de la voiture et
entame la traversée de la cour de l'hôtel d'un pas mou, lent et traînant .
L'enquête.
Dans l'hôtel
-Chambre 12 merci !
-La clim est en
marche ?
-Bien sûr Monsieur le Commissaire.
-Faites moi monter à
manger et des bières !
-Bien sûr Monsieur le Commissaire.
-Tant que je vous ai sous
la main, dites moi, Merzak Allouach, vous l'avez vu quand la dernière fois ?
-Avant-hier soir Monsieur
le Commissaire, par conte j’ai croisé son chauffeur hier matin de bonne heure.
-Ok ,vous avez un passe
alors, quand vous viendrez me porter les bières ne l’oubliez pas.
-Bien sûr, Monsieur le Commissaire.
Quelle chaleur !
Chambre 12... voilà ,c’est là ok, ce n’est pas tout ça mais il fait faim,
qu’est qu’il fout avec les bières ? Et cette clim elle fait plus de bruit
que de froid ...
On toque à la porte
Monsieur le Commissaire ,
quelques gâteaux , des dattes pour patienter le temps que les cuisines vous
préparent un repas.
-Et les bières ?
-Bien sûr Monsieur le Commissaire,
elles sont dans le sac, elles sont bien fraîches Monsieur le Commissaire.
- Donnes-les, et le passe?
-Le voilà, Monsieur le Commissaire.
-C’est bien et reviens dès
que la bouffe est prête !
Loukoums et bières... il y
a mieux.
Sachet de gâteaux et
bières dans une main , le passe dans l’autre, me voilà ouvrant la porte de la
chambre de M .Allouach du bout du pied je pousse la porte, en prenant bien soin
de rester sur le seuil, je cherche l’interrupteur le long du mur côté droit de
la porte, comme dans ma chambre.
Je procède par ordre: au
sol quelques morceaux de verre, pas beaucoup juste cinq ou six morceaux dont un
plus grand couvert de brun, ça c’est du sang !
Je sors un mouchoir en papier de ma poche de
veste, ramasse le petit verre avec, le plie et le range dans ma poche, à
l’occasion je le ferai analyser. C’est le même verre qui était dans la petite
boite de 10x10 sur le bureau du chef...
Maintenant j’avance d’un
pas, je suis presque au milieu de l’entrée. Sur la gauche de la porte une
babouche seule, encore un pas, je repousse la porte et pose ma canette vide sur
la table basse, engloutis un gâteau et décapsule une autre bière. Au sol ,deux
traces parallèles qui partent de l’entrée en direction de la fenêtre. Bon, je
les vois très bien ,pas besoin de me baisser ! Rien de particulier
d’autre. J’avance dans le sillage des traces vers la fenêtre grande ouverte,
c’est pour ça qu’il fait une chaleur à crever dans cette chambre, je finis le
dernier biscuit, j’ai oublié de lui dire de monter du vin avec le repas !
Petit examen de la
fenêtre, du gravier, une trace brune...
du sang ! Des cheveux collés sur le bois, je me penche à la fenêtre
et observe le sol en dessous, les plantes sont écrasées comme si on avait
balancé un gros sac dessus, je me retourne face au lit sur la table de chevet
un portefeuille le passeport de Allouach, une montre Rolex, une liasse de
billets.
C’est
bon, j’en ai assez vu pour ce soir .Je referme la porte et retourne dans ma
chambre. Le repas est servi sur la table face a la fenêtre, il a dû lire dans
mes pensées ,deux bouteilles de Sidi Brahim sont posées avec.
A
mon avis M. Allouach, s’est fait dégommer par son chauffeur et si ce n’est pas
le cas ?
De
toute façon ce n’est surtout pas moi qui vais arrêter quelqu’un . Allouach, est
le fils tordu d’une grande famille Algéroise proche du Président, généreux
donateur pour toutes les bonnes œuvres, spécialement celles de la police.
Demain,
je ferai laver la chambre après avoir fait disparaitre les affaires qui y
trainent.
Il
est bon ce vin !
Puis
je téléphonerai au chef et lui dirai « il n’y a rien ici" et qu’ils
ont quitté l’hôtel hier sans dire où ils allaient, que la boite doit être une
mauvaise plaisanterie ou l'œuvre de déstabilisateurs qui veulent mettre
le désordre là ou il y en a pas .
Elle
est bonne cette viande !
Aoussin
Ben Alli( Baba).
Aoussin
est arrivé tard ce lundi soir à In Salah. Onze heures de voiture non stop
depuis Alger. Aou est un homme dans la cinquantaine, plutôt rond, voir même
très rond. Costume éliminé gris, qui n'a plus de forme, incapable de fermer sur
son ventre, chemise qui fut blanche un jour, trempée de transpiration, cravate
noire pas bien nouée ,chaussures en cuir noir avec de petits lacets très fins
et courts.
Aou
arbore une petit moustache fournie et noire comme ses cheveux .
Il
fait encore 35° ce soir à In Salah. La voiture est arrêtée devant l'entrée de
l'hôtel Tidikelt le moteur au ralenti, les fenêtres fermées, la clim à fond .
Aou
a passé onze heures dans cette voiture , mais pas le moment d'en sortir , juste
descendre la température qui lui pèse .
Aou
est assis sur le siège arrière, en plein centre, les jambes écartées le plus
possible, allongées, les mains posées sur la banquette de chaque côté de son
corps .Il est seul maintenant dans la voiture .Aou s'est débarrassé du
chauffeur à qui il a demandé de porter sa valise dans la chambre, qui lui a été
réservée depuis Alger. Dans ce calme ronronnement ventilé, Aou parcourt
mentalement les dernières vingt-quatre heures : Alger, commissariat central troisième étage,
bureau du commissaire Aoussin Ben Alli Baba . Aou est calé dans son fauteuil
sous la clim , il parcourt d'un œil distrait le journal "Alger matin"
.
Aou
n'est pas un violent, commissaire, certes mais à l'usure ...
Il
a monté tous les grades sans jamais faire de vagues et encore moins d'exploits
voire même en usant de petites lâchetés laissant les autres porter la chapeau .
Aou
est dans son bureau tranquille jusqu'au coup de téléphone qui va provoquer ce déplacement.
Une
boîte venait d'arriver par porteur sur le bureau du commissaire principal de la
place, son chef.
Une
boîte anonyme, mais contenant plusieurs pièces troublantes qui sans la nommer
désignaient une personne particulière, au mode de vie sulfureux...
Dans
cette boîte quatre titres de films du même réalisateur, des morceaux de verre ,
un gravier, un billet de monnaie étrangère qui laisse à penser à des dessous de
table, et surtout douze photos dont une coupée en deux. Un rapide examen des
douze visages mit en lumière que onze d'entre elles étaient porté disparues.
Toutes les personnes sur les photos avaient un rapport avec les films . Pour la
douzième photo coupée en deux, elle correspondait à un jeune connu des services
de police qui habitait Alger, et dont l'épouse est sans nouvelles. A cette
heure ce qui inquiète le chef, Commissaire Principal, c'est la disparition du
cinéaste Merzak Allouach, et Abdenour étant son chauffeur.
Ils sont partis tous les deux à In Salah faire
des repérages .
Aou
se revoie traînant les chaussures pour se rendre dans le bureau du chef.
Puis
retour à son appartement dans le bas de la rue Jean-Jacques Rousseau, petite valise en faux cuir, deux chemises, un caleçon
...
Douche
froide pas d'eau chaude dans son appartement,
puis couché seul, de très bonne heure . Départ 6:00, (Inch Allah).
Aou
rouvre les yeux le chauffeur est devant la porte de la voiture
-vous avez la chambre 12, mitoyenne à celle de
Merzak Allouach.
Le concierge ne l'a pas vu depuis avant hier soir, si vous voulez bien
venir Mr le commissaire .
Aou
se penche sur la banquette , ouvre la porte, l'air chaud lui saute au visage,
il glisse sur le Skaï, met un pied au
sol et dans un effort accompagné de gémissements s'extirpe de la voiture et
entame la traversée de la cour de l'hôtel d'un pas mou, lent et traînant .
L'enquête.
Dans l'hôtel
-Chambre 12 merci !
-La clim est en
marche ?
-Bien sûr Monsieur le Commissaire.
-Faites moi monter à
manger et des bières !
-Bien sûr Monsieur le Commissaire.
-Tant que je vous ai sous
la main, dites moi, Merzak Allouach, vous l'avez vu quand la dernière fois ?
-Avant-hier soir Monsieur
le Commissaire, par conte j’ai croisé son chauffeur hier matin de bonne heure.
-Ok ,vous avez un passe
alors, quand vous viendrez me porter les bières ne l’oubliez pas.
-Bien sûr, Monsieur le Commissaire.
Quelle chaleur !
Chambre 12... voilà ,c’est là ok, ce n’est pas tout ça mais il fait faim,
qu’est qu’il fout avec les bières ? Et cette clim elle fait plus de bruit
que de froid ...
On toque à la porte
Monsieur le Commissaire ,
quelques gâteaux , des dattes pour patienter le temps que les cuisines vous
préparent un repas.
-Et les bières ?
-Bien sûr Monsieur le Commissaire,
elles sont dans le sac, elles sont bien fraîches Monsieur le Commissaire.
- Donnes-les, et le passe?
-Le voilà, Monsieur le Commissaire.
-C’est bien et reviens dès
que la bouffe est prête !
Loukoums et bières... il y
a mieux.
Sachet de gâteaux et
bières dans une main , le passe dans l’autre, me voilà ouvrant la porte de la
chambre de M .Allouach du bout du pied je pousse la porte, en prenant bien soin
de rester sur le seuil, je cherche l’interrupteur le long du mur côté droit de
la porte, comme dans ma chambre.
Je procède par ordre: au
sol quelques morceaux de verre, pas beaucoup juste cinq ou six morceaux dont un
plus grand couvert de brun, ça c’est du sang !
Je sors un mouchoir en papier de ma poche de
veste, ramasse le petit verre avec, le plie et le range dans ma poche, à
l’occasion je le ferai analyser. C’est le même verre qui était dans la petite
boite de 10x10 sur le bureau du chef...
Maintenant j’avance d’un
pas, je suis presque au milieu de l’entrée. Sur la gauche de la porte une
babouche seule, encore un pas, je repousse la porte et pose ma canette vide sur
la table basse, engloutis un gâteau et décapsule une autre bière. Au sol ,deux
traces parallèles qui partent de l’entrée en direction de la fenêtre. Bon, je
les vois très bien ,pas besoin de me baisser ! Rien de particulier
d’autre. J’avance dans le sillage des traces vers la fenêtre grande ouverte,
c’est pour ça qu’il fait une chaleur à crever dans cette chambre, je finis le
dernier biscuit, j’ai oublié de lui dire de monter du vin avec le repas !
Petit examen de la
fenêtre, du gravier, une trace brune...
du sang ! Des cheveux collés sur le bois, je me penche à la fenêtre
et observe le sol en dessous, les plantes sont écrasées comme si on avait
balancé un gros sac dessus, je me retourne face au lit sur la table de chevet
un portefeuille le passeport de Allouach, une montre Rolex, une liasse de
billets.
C’est
bon, j’en ai assez vu pour ce soir .Je referme la porte et retourne dans ma
chambre. Le repas est servi sur la table face a la fenêtre, il a dû lire dans
mes pensées ,deux bouteilles de Sidi Brahim sont posées avec.
A
mon avis M. Allouach, s’est fait dégommer par son chauffeur et si ce n’est pas
le cas ?
De
toute façon ce n’est surtout pas moi qui vais arrêter quelqu’un . Allouach, est
le fils tordu d’une grande famille Algéroise proche du Président, généreux
donateur pour toutes les bonnes œuvres, spécialement celles de la police.
Demain,
je ferai laver la chambre après avoir fait disparaitre les affaires qui y
trainent.
Il
est bon ce vin !
Puis
je téléphonerai au chef et lui dirai « il n’y a rien ici" et qu’ils
ont quitté l’hôtel hier sans dire où ils allaient, que la boite doit être une
mauvaise plaisanterie ou l'œuvre de déstabilisateurs qui veulent mettre
le désordre là ou il y en a pas .
Elle
est bonne cette viande !