Vous vivez tout comme moi l'époque kleenex, mais vous trouverez dans ce mouchoir le souvenir des nez d'autrefois, d'authentiques nez! Rassurez vous, il est lavé, bouilli, blanchi pour 30 euros, amidonné 35.
Porté dans la poche de votre veston, il attirera le regard des demoiselles, pour continuer la conversation, je vous propose une aiguille à broder pour 5 euros , avec son étui 50, celui ci est en ivoire!
Faites l'addition, pas cher pour attraper les belles. J'ai à votre disposition une douzaine de mouchoirs de ce type, fonction de votre appétit!
Une toile de tente pour marcheur averti 10 euros, averti car il ne faut pas craindre le poids, l'estampille"vieux campeur "atteste son origine. si vous craigniez l'humidité, je vous joins le produit à imperméabiliser, d'époque lui aussi, gratuit mais pas garanti!
Si vous êtes intéressé, avertissez moi à l'avance car on doit la récupérer en haut du mont Viso, il faut bien justifier le prix!
Pour débutant dans les arts du spectacle, je vous propose une marionnette de loup à 15 euros. Si vous ne craignez pas les maisons de retraite, vous pouvez venir la chercher aux "trois épis", les histoires sont gratuites et avec un sourire vous obtiendrez les 3 petits cochons en supplément!
Vous êtes collectionneur? Cet objet est pour vous à 5 euros, il agrémentera votre collection de moulins à café, à blé, à grains de toute sorte.
5 euros avec couinement ou 10 euros avec la burette qui peut servir pour d'autres objets, pour l'huile, je ne l'ai pas trouvée dans mon grenier, cherchez sur TOUTHUILE.FR
C'est la fête des mères, les enfants se sont cotisés et cherchent un chat pour leur maman:"Elle aura quelqu'un à caresser notre maman, c'est vrai que nous sommes partis il y a longtemps"
C'est ainsi qu'un magnifique chat noir est sorti du panier le jour J. Oui mais voilà la maman en question est superstitieuse, elle ne veut pas d'un chat noir et ne veut pas non plus blesser ses enfants. C'est ainsi que quelques jours plus tard on a pu lire sur les arbres de la place du village:
Perdu chat noir.....Ne pas le rapporter
vendredi 6 juin 2014
l'explosion
Cinq, on était cinq, on jouait. La maison était plus que rustique mais on jouait.
Puis il y eu l'explosion, la grande lumière qui brûle, tout est devenu blanc, chaud, tout a fondu, tout s'est déformé, on ne reconnaissait plus nos voisins nos jardins...
Ils sont partis, ils ont fuit, un long cortège s'est formé sur ce qui restait de route, ils ont emporté ce qui restait de nos objets.
Je suis resté, j'ai percé le toit de mon abri, j'ai vu les statues cassées, les arbres morts mais je suis resté, j'ai regardé le bateau partir et pour vivre sur ma terre, ne pas fuir la misère, ne pas partir mes mains sont devenues racines.
Puis il y eu l'explosion, la grande lumière qui brûle, tout est devenu blanc, chaud, tout a fondu, tout s'est déformé, on ne reconnaissait plus nos voisins nos jardins...
Ils sont partis, ils ont fuit, un long cortège s'est formé sur ce qui restait de route, ils ont emporté ce qui restait de nos objets.
Je suis resté, j'ai percé le toit de mon abri, j'ai vu les statues cassées, les arbres morts mais je suis resté, j'ai regardé le bateau partir et pour vivre sur ma terre, ne pas fuir la misère, ne pas partir mes mains sont devenues racines.
rencontre inattendue
En attente, le regard perdu au loin qui cherche qui, qui cherche quoi, qui cherche rien! vacuité, liberté ou simplement préoccupé?
Pourtant elle s'est faite belle, une certaine élégance malgré les ans, sauver les apparences, elle attend.
Un rendez vous? Il y a longtemps qu'elle n'y croit plus, elle cherche en vain dans le lointain, elle écoute un pas qui vient.Les voiles du chapeau volent, ils soulagent l'âme par leur légèreté. Le soir étale sa douce lumière, le clapotis de l'eau répond au roulement du tonnerre, elle jette alors les chaussures à talons, oublie l'horizon et emprunte un petit chemin, ouvre le portillon, s'en fonce sous les pins, glisse sur les aiguilles et descends, elle n'attends plus, elle descends, l'eau atteind les mollets, la taille, le chapeau nage. C'est alors que de la vase surgit l'homme des marécages, un large sourire, des yeux pétillants, enveloppé d'humus, il soulève la dame et dans une valse endiablée rejoint le rivage:
"Et bien ma petite dame, quittons cet hôtel de luxe et regagnons la forêt, elle est belle et bien réelle, là juste en bas"
Depuis quand quelques tristes âmes attendent sur la terrasse, elles peuvent entendre des rires complices qui montent du bois, là juste en bas.
Pourtant elle s'est faite belle, une certaine élégance malgré les ans, sauver les apparences, elle attend.
Un rendez vous? Il y a longtemps qu'elle n'y croit plus, elle cherche en vain dans le lointain, elle écoute un pas qui vient.Les voiles du chapeau volent, ils soulagent l'âme par leur légèreté. Le soir étale sa douce lumière, le clapotis de l'eau répond au roulement du tonnerre, elle jette alors les chaussures à talons, oublie l'horizon et emprunte un petit chemin, ouvre le portillon, s'en fonce sous les pins, glisse sur les aiguilles et descends, elle n'attends plus, elle descends, l'eau atteind les mollets, la taille, le chapeau nage. C'est alors que de la vase surgit l'homme des marécages, un large sourire, des yeux pétillants, enveloppé d'humus, il soulève la dame et dans une valse endiablée rejoint le rivage:
"Et bien ma petite dame, quittons cet hôtel de luxe et regagnons la forêt, elle est belle et bien réelle, là juste en bas"
Depuis quand quelques tristes âmes attendent sur la terrasse, elles peuvent entendre des rires complices qui montent du bois, là juste en bas.
lundi 2 juin 2014
Jadis
Elles ne sont plus là depuis longtemps. Elles sont là dans ma mémoire, elles ne disparaitront qu'avec moi.
Elles sont habillées à cinquante ans comme si elles en avaient quatre-vingts. Elles ont des chapeaux à plumes ou des bérets, des robes grises jusqu'à mi-mollets. Elles posent ensemble sur les photos de famille. Elles s'entendent bien. Elles sont heureuses que leurs enfants se soient mariés ensemble. Elles sont heureuses d'avoir une petite-fille:moi. Elles la gâtent.
Elles sont patientes, effacées, elles obéisssent à leurs maris. Leur plus grand voyage est de traverser Paris pour se retrouver ou venir me voir. Elles lisent pourtant, beaucoup. Elles écoutent Radio-crochet ou Quitte-ou-double. Elles sont plutôt instruites. Elles rêvent. Elles rêvent pour moi d'un avenir meilleur.
dimanche 1 juin 2014
Marseille
Je suis venue m'installer à Marseille un 15 novembre. J'arrivais de Paris où j'avais toujours vécu. Je ne connaissais les bords de la Méditerranée que pour les vacances d'été: les plages, le soleil écrasant.
J'avais quitté le froid et la pluie un soir vers 23 heures à la Gare de Lyon.
Je débarquais à St Charles vers 9 heures par un soleil resplendissant et doux, un petit fond d'air frais. Je me croyais au printemps et dis aux amis marseillais ébahis qui étaient venus m'accueillir que là, à St Charles, sur le quai, je sentais l'odeur des pins.
Cette année-là, la fin de l'automne fut magnifique, nous avons pu déjeuner en terrasse tous les jours jusqu'à fin décembre. Je n'aimais pas l'automne à Paris malgré le plaisir de faire voler les feuilles mortes sous les pieds, de ramasser les marrons et de les lustrer doucement au fond de ma poche en courant, courant toujours dans les couloirs malodorants du métro ou les boulevards trempés par les averses.
Marseille l'automne, l'hiver, je me croyais au paradis.
Pour Noël j'avais invité deux parisiens qui sont arrivés, sur mes conseils, légèrement vêtus, le 24 décembre au matin; à Marseille, il n'y a pas d'hiver, n'est-ce pas?
Mais ce 24 décembre, d'un coup, le Mistral, le vrai, celui auquel je n'avais pas encore goûté, s'est levé, et la température a chuté de 20°, bon, 15, j'exagère, j'étais déjà marseillaise.
En soirée, après ma journée de travail, nous avons parcouru les rues commerçantes du centre-ville pour préparer notre réveillon. Le vent soufflait à 120 km/h, sifflait sous toutes les portes cochères, transperçant nos vêtements minces de touristes éberlués. Une cheminée est tombée pas très loin, là, devant nous. Nous courions, nous volions de boutique en boutique, nous demandant avec angoisse si nous rentrerions sains et saufs chez moi.
Alors, en Provence, l'hiver existe? Il peut être rude, violent, terrifiant?
Cela fait quarante ans.
Mes amis sont restés parisiens, n'ont jamais voulu croire que Marseille pouvait être un coin de paradis. Ils en parlent encore.
Ils viennent me voir, oui, mais au printemps, quand les collines embaument et ne sont pas encore envahies par la foule de l'été.
Moi, je sais que la ville est diverse, variée, accueillante ou hostile, gaie ou violente. Elle se réserve pour ceux qui l'aiment vraiment et guettent ses merveilles aux quatre saisons.
jeudi 8 mai 2014
Sans titre
Je dis NON à tous ceux qui disent NON sans arrêt, sans jamais écouter les autres, sans jamais se laisser aller, sans sourire.
Je dis NON à ceux qui battent leurs enfants et leurs chiens. Que leurs coups leur soient retournés sans pitié!
Je dis NON à tous ceux qui contemplent leur nombril au lieu d'admirer les arbres, les champs, les rivières.
Je dis NON à ceux qui marchent sur nos pieds, sèment leurs ordures sur les trottoirs, hurlent dans la rue.
Je dis OUI à tous ceux qui s'aiment et que j'aime.
Ceux-là
Celui qui a marché sur les bords d'autoroute, pendant dix ans, la nuit.
Celle qui a traversé la mer dans l'espoir du bonheur et ne l'a pas trouvé.
Celui qui a eu une longue et belle vie, il me l'a dit, malgré les malheurs traversés.
Ceux qui ont surgi dans mon foyer dans une surprise joyeuse qui m'accompagne jour après jour.
Celle qui traverse nonchalamment la table du dîner, la queue effleurant la soupe, indifférente aux menaces.
Celle qui m'a mise au monde dans l'espoir et la douleur, et à qui j'en ai fait baver.
Celui qui était passionné de politique, n'en parlait qu'à mots couverts, se disant juste "gaullien", avec grandeur.
Celui qui écoutait Mozart en battant frénétiquement des mains à deux ans, à quarante il est toujours envahi par la musique.
Celle qui passe en un instant du rire aux larmes en secouant sa tignasse bouclée.
Celui qui nous invite à écrire, mais jamais à lire ce que lui, il écrit.
Celui qui cuisine matin et soir pour nourrir sa nombreuse famille et dit que oui, vraiment, il aime ça, cuisiner.
Celle qui franchissait les poubelles à saute-mouton le matin, quand nous dormions tous encore, pour rapporter du pain frais.
Celui qui a raboté tellement de planches de bois, respiré tant de sciure que peut-être il en est mort.
Celle qui marche encore sur les mains, le soir, sur la plage, quand ses enfants dorment tranquillement dans leur lit.
Celle qui retrouve chaque dimanche après-midi son compagnon depuis cinquante ans, qu'elle n'a jamais présenté à personne, son amour secret.
Celle qui a lutté jour après jour contre le mal de vivre, et a su offrir le bonheur qu'elle ne connaissait pas.
Et les autres, ceux dont je me souviens bien, ceux dont je ne me souviens plus, qui tous m'ont faite aujourd'hui.
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